Hausse du salaire minimum au Venezuela: patrons et gérants à la peine

Dans une boutique de Caracas, le 23 août 2018.

AP- Au Venezuela, parmi les secteurs d’activités victimes de la crise économique qui frappe le pays depuis de très nombreux mois : les petits commerces. Sur décision du président Nicolas Maduro, le salaire minimum a été multiplié par 34 depuis le 1er septembre dernier. Il s’élève aujourd’hui à 1 800 bolivars souverains – la nouvelle monnaie introduite dans le pays depuis la fin du mois dernier. La mesure semble être une très bonne nouvelle pour les revenus les plus modestes.

Seulement voilà, il faut d’abord dire que cela représente moins de 20 euros au taux de change parallèle qui sert de référence de l’économie selon la plupart des experts économiques. D’autant que le pays est rongé par l’hyperinflation depuis de très nombreux mois. Dernière estimation : elle pourrait grimper à 1 000 000 % d’ici la fin de l’année selon les prévisions du Fonds monétaire international. Mais surtout, cette mesure a pris de court de nombreux petits commerces. Face à des ventes en chute libre, des revenus qui baissent chaque fois plus en raison du pouvoir d’achat des Vénézuéliens rongé par la hausse des prix, de nombreux petits patrons ou de gérants n’ont plus de quoi payer leurs salariés face à cette augmentation du salaire minimum en vigueur depuis ce mois.

Ali Carrizalez tient un petit restaurant depuis 15 ans. Les pénuries d’aliments et l’hyperinflation rendaient déjà son travail très compliqué, c’était sans compter la forte hausse du salaire minimum. Résultat : il va licencier la moitié de son personnel d’ici la fin du mois. « Mon petit commerce ne rentre pas assez d’argent pour payer ces nouveaux salaires,raconte-t-il. Je dois licencier 1 serveur, 3 cuisiniers et 1 qui est à la plonge et fait le ménage. Ca va me faire beaucoup de peine parce que je sais que je les mets dans une situation précaire. Mais je n’ai pas le choix ! A ce rythme-là, j’estime que j’ai juste de quoi maintenir le commerce jusqu’à la fin de l’année… et ce en faisant beaucoup de sacrifices ! »

Des licenciements dans les petits commerces, mais pas seulement. Les concierges notamment en font aussi les frais, comme le confie cette responsable du syndicat de copropriété d’un immeuble au sud de Caracas : « A aucun moment nous ne voulions nous séparer de notre concierge. Mais avec cette hausse du salaire minimum, nous ne pouvons plus la payer. C’est une situation lamentable parce que cette femme travaillait avec nous depuis 20 ans. Et si une personne a 20 ans d’ancienneté, il faut la payer en conséquence. On essaye de survivre face à ces mesures. »

Plusieurs économistes universitaires ont assuré quant à eux que la crise ne se résoudra pas sans véritables changements de la politique économique du pays.

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