Congo B.: l’opposant Paulin Makaya libéré après presque trois ans de détention

Le tribunal de Brazzaville (photo d’illustration).

AP- La justice congolaise, qui jugeait depuis juillet dernier l’opposant Paulin Makaya pour « complicité d’évasion de prisonniers » à la prison centrale de Brazzaville fin 2016, l’a reconnu coupable de ces faits et l’a condamné jeudi à un an d’emprisonnement ferme. Elle a en même temps levé son mandat de dépôt et ordonné sa libération immédiate parce que l’inculpé a déjà purgé sa peine. Sa défense n’a pas manqué de mots pour apprécier la mise en liberté d’un client détenu depuis bientôt trois ans.

Sa bouteille d’eau minérale bien serrée dans la main gauche, Paulin Makaya, costume noir, chemise blanche, a esquissé un sourire et a levé sa main droite pour saluer l’assistance après avoir écouté religieusement le délibéré de la troisième chambre correctionnelle de la cour d’appel qui l’a condamné à un an d’emprisonnement ferme « pour complicité d’évasion », mais a levé son mandat de dépôt et ordonné sa mise en liberté parce que le président de Unis pour le Congo (UPC), une jeune formation d’opposition, a déjà purgé sa peine.

Son avocat Me Eric Yvon Ibouanga a trouvé des mots pour commenter le sort réservé à son client à qui l’Etat a demandé le paiement d’un franc symbolique pour le préjudice qu’il a subi. « J’ai une agréable impression parce qu’il recouvre sa liberté. Le tribunal a condamné monsieur Paulin Makaya à payer un franc symbolique au titre de dommages et intérêts à l’Etat qui s’est constitué partie civile. Les dommages et intérêts sont proportionnels au préjudice occasionné. Or, si on réclame un franc symbolique à un inculpé, cela veut dire qu’il n’a occasionné aucun préjudice », a déclaré Me Ibouanga.

En tout, Paulin Makaya, qui doit vraisemblablement libérer sa cellule ce vendredi, aura passé 34 mois en prison. Paulin Makaya avait d’abord été arrêté en novembre 2015 pour « troubles à l’ordre public » après avoir organisé et participé à une marche de protestation contre le référendum constitutionnel qui a permis au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en mars 2016.

C’est une bonne nouvelle (…) Cette condamnation avait tous les attributs d’une condamnation à caractère politique…

Florent Geel, responsable Afrique à la FIDH

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