Bercy veut faire payer l’intégralité des opérations extérieures aux Armées

Un hélicoptère de l’armée française au-dessus de la ville malienne de Bourem, dans le nord du pays, en 2013.

AP- Le ministère des Armées devra payer seul l’ensemble des opérations extérieures et missions intérieures françaises cette année, selon le projet de loi de finances rectificative (PLFR) présenté mercredi par Bercy. De fait, le ministère se retrouve privé  de centaines de millions d’euros de crédits. Alors que la présidence a promis un budget de la Défense ambitieux en hausse constante pour les années à venir, l’annonce de cette nouvelle coupe passe mal chez les militaires.

L’opposition parle d’un « coup de poignard aux armées », le cabinet de la ministre des armées assure lui que les conséquences ne pénaliseront pas trop les soldats. L’affaire est sensible car c’est ce sujet du financement des OPEX, assorti d’annulation de crédits de dernière minute, qui avait dégénéré en crise ouverte entre le président de la République Emmanuel Macron et le chef d’état-major des armées en juillet 2017, conduisant à la démission fracassante du général Pierre de Villiers.

Sur le papier, la loi de programmation militaire 2019-2025 fixe une ambition. Dans les faits, c’est son exécution qui risque d’être plus problématique.

« Chaque année, on assiste à des gels et des dégels de crédits, des coups de rabots plus au moins violents » rappellent les militaires. Mais cette fois, c’est le principe du financement interministériel des surcoûts des opérations extérieures et intérieures qui est remis en cause par le projet de loi de finances rectificative.

En clair, Bercy demande au ministère des Armées de payer tout seul une facture qui s’élève à 1,37 milliard d’euros. Le ministère n’avait mis de côté que 750 millions d’euros, le reste de la note étant jusqu’alors partagé par l’ensemble des ministères au nom de la contribution nationale à l’effort de défense.

En réalité, si on regarde bien la LPM (Loi de programmation militaire) cette pleine prise en charge des surcoûts était prévue, mais seulement à partir de 2020. Le ministère a fait ses comptes et va donc devoir trouver près de 400 millions d’euros pour boucler son budget.

Les économies pourraient se faire en grande partie sur les achats d’équipements, mais cela « ne pénalisera pas les forces » assure-t-on au ministère. Et Florence Parly de conclure, « sur le financement des opérations, l’année n’est pas terminée ! » Sous-entendu, les négociations vont continuer.

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