Kenya: le service de téléphone de la Croix rouge pour les réfugiés éthiopiens

Un réfugié ethiopien bénéficie du service téléphonique mis en place par la Croix Rouge, dans le camp de Moyale, au Kenya

Nairobie, AP- Il y a trois semaines, suite à des exactions de l’armée contre des membres de la communauté Oromo, plusieurs milliers d’Ethiopiens ont passé la frontière dans la région de Moyale, dans le nord du Kenya. Le recensement des réfugiés et l’assistance humanitaire fournie par le gouvernement, le HCR, la Croix Rouge ou encore l’Unicef sont en cours. La Croix rouge kényane a d’ailleurs mis en place un service de téléphone pour leur permettre de joindre leurs proches restés en Ethiopie. Reportage au camp de Sololo.

Duboru Duba est au camp avec sa mère, sa femme et ses quatre enfants. Il a marché cinq jours, depuis Doblouk, en Éthiopie, pour atteindre le Kenya. Aujourd’hui, il appelle sa belle-famille restée sur place.

« On s’est salués, je leur ai demandé comment était la vie de l’autre côté. Ils m’ont répondu qu’ils allaient bien, qu’il n’y avait pas de violence en ce moment. C’est comme ça aujourd’hui mais un jour ils m’ont dit que 25 personnes avaient été tuées là-bas. En tout cas c’est un service utile. Je peux savoir qui est mort, qui est toujours vivant. Et je sais que ma famille est en sécurité. »

La Croix rouge permet à chaque réfugié de parler trois minutes par jour avec l’Éthiopie gratuitement. Mohamed Golo gère le service. « Ça maintient le lien entre les familles. C’est très important car beaucoup n’ont pas de téléphone, ni d’argent pour acheter du crédit. Or appeler l’Éthiopie coûte cher. Au début, il y avait de la paranoïa. Beaucoup ne voulaient pas utiliser ce service car ils pensaient que le gouvernement éthiopien allait écouter la conversation. »

Doti Djatani utilise aussi régulièrement le téléphone de la Croix rouge. Les nouvelles rassurantes ne l’ont pas convaincu de rentrer. « Il n’y a pas de violences. Mais on a toujours peur, confie-t-il. Ma famille me demande de ne pas rentrer pour l’instant. Sans ce téléphone je ne pourrai pas leur parler, car ça coûte trop cher. Ça me fait du bien de les entendre. »

Les réfugiés comptent donc encore rester au camp, faisant de ce téléphone le seul lien avec leur pays.

Ça maintient le lien entre les familles. C’est très important car beaucoup n’ont pas de téléphone, ni d’argent pour acheter du crédit. Or appeler l’Éthiopie coûte cher. Au début, il y avait de la paranoïa. Beaucoup ne voulaient pas utiliser ce service car ils pensaient que le gouvernement éthiopien allait écouter la conversation.

Le service téléphonique de la Croix rouge

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