Présidentielle à Madagascar: la mission de l’UE dénonce des achats de votes

Un homme passe devant des affiches électorales du candidat Hery Rajaonarimampianina à Antananarivo le 7 novembre 2018.

Antananarivo, AP- A Madagascar, c’est une note de bas de page qui aurait presque pu passer inaperçue. Vendredi dernier, la mission d’observation électorale de l’Union européenne a publié ses premières conclusions sur l’observation de l’élection présidentielle. Au chapitre sur la campagne électorale, un paragraphe indique que cinq candidats ont commis des infractions en distribuant de l’argent à leurs partisans. En bas de page, une note cite expressément Hery Rajaonarimampianina et Andry Rajoelina, ainsi que les montants proposés. Lundi 12 novembre, le clan Rajoelina a récusé cette information par voie de presse et mardi soir, le candidat Rajoelina en personne a demandé à l’ambassadeur de l’Union européenne la publication d’un démenti.

« Nous réfutons catégoriquement l’allégation présentée dans ce rapport qui dit que Andry Rajoelina a donné de l’argent à qui que ce soit ». Pour Anja Rama, la coordinatrice générale de la communication d’Andry Rajoelina, l’heure est grave.

« Nous avons signalé cette fausse information auprès de la mission de l’UE. Nous prenons particulièrement au sérieux ce type d’accusation, non seulement parce que c’est faux, et puis en plus, si jamais il s’avérait que ce soit vrai pour d’autres candidats, parce que je reprécise que nous, nous n’avons pas recours à ce genre de pratiques, ça aura des conséquences très importantes, affirme-t-elle. L’avenir de Madagascar ne s’achète pas. Et dire que les personnes qui ont assisté aux meetings d’Andry Rajoelina sont des personnes payées, c’est quand même insultant pour la population qui elle a choisi Andry Rajoelina. »

Le camp Rajoelina veut des preuves

L’équipe du candidat numéro 13 demande à la mission européenne de fournir des preuves. « La mission de l’UE a été invitée à Madagascar pour observer un processus électoral. Elle n’est en aucun cas invitée pour fournir des preuves à qui que ce soit, rétorque Sandrine Martins Espinoza, la cheffe observatrice adjointe de la mission. Dans certaines régions, les observateurs ont observé directement la distribution d’argent. Et dans d’autres cas, ils ont eu écho de propositions d’offres d’argent auprès de certaines autorités. Donc il appartient aux délégués des candidats concernés, aux observateurs nationaux et aux citoyens d’apporter les preuves s’ils s’estiment lésés. »

Les observateurs nationaux, les citoyens voire même les candidats adverses auront-ils les preuves nécessaires puis le courage pour déposer plainte auprès de la HCC, la Haute cour constitutionnelle, chargée des contentieux électoraux ? En cas de délit avéré, la HCC osera-t-elle disqualifier un candidat du scrutin ?

L’article 233 de la loi organique sur le régime général des élections rappelle que tout acheteur de suffrage, s’il est condamné, peut être déclaré incapable d’exercer une fonction ou un mandat public pendant cinq à dix ans.


Les représentants de Rajoelina se retirent du processus d’observation du traitement des résultats au niveau de la Céni

Par ailleurs, mardi soir, les représentants du candidat Andry Rajoelina ont annoncé se retirer du processus d’observation du traitement des résultats au niveau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ils estiment,  dans un communiqué, que « les conditions d’observation du comptage des voix ne sont pas réunies » et qu’ils ne peuvent par conséquent « pas approuver les résultats provisoires publiés actuellement ». Mardi 13 novembre au soir, les tendances provisoires après dépouillement de 63% des bureaux de vote donnaient Andry Rajoelina en tête suivi de Marc Ravalomanana, avec respectivement 39% et 37% des voix.

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