Espagne : Mariano Rajoy en quête de soutiens pour former un gouvernement

Les Espagnols ont voulu renouveler leur classe politique, mais ne sont pas allés assez loin pour changer radicalement la donne et le scénario de morcellement redouté par beaucoup s'est finalement produit. C'est d'autant plus vrai que les grandes formations ne semblent pas pouvoir trouver une bouée de sauvetage auprès des petites. Ciudadanos et Podemos, qui n'ont de cesse de les dénoncer, ont à maintes reprises indiqué qu'ils ne les soutiendraient pas car elles incarnent la "vieille politique" selon eux.

Les Espagnols ont voulu renouveler leur classe politique, mais ne sont pas allés assez loin pour changer radicalement la donne et le scénario de morcellement redouté par beaucoup s’est finalement produit. C’est d’autant plus vrai que les grandes formations ne semblent pas pouvoir trouver une bouée de sauvetage auprès des petites. Ciudadanos et Podemos, qui n’ont de cesse de les dénoncer, ont à maintes reprises indiqué qu’ils ne les soutiendraient pas car elles incarnent la « vieille politique » selon eux.

Barcelone, AP- Le Parti populaire de Mariano Rajoy a remporté les législatives en Espagne, sans pour autant parvenir à décrocher de majorité absolue pour former seul un gouvernement. Les conservateurs devront donc se lancer dans une course aux alliances.

Le chef du gouvernement sortant en Espagne, le conservateur Mariano Rajoy, s’attelle à partir de lundi 21 décembre à constituer un nouveau gouvernement, au lendemain de législatives marquées par l’éparpillement des voix et l’arrivée au Parlement de Podemos, fomation de gauche radicale. La tâche s’annonce difficile.

« Celui qui emporte les élections doit tenter de constituer un gouvernement », a déclaré Mariano Rajoy à ses militants rassemblés à Madrid dimanche soir, comme pour se convaincre. Selon les résultats officiels, après dépouillement de 100 % des bulletins, le Parti populaire (PP) de Rajoy a obtenu 123 sièges sur 350 à la chambre basse, soit 28,72 % des voix, un score dramatique.

Puni pour sa politique d’austérité et la corruption dans un pays ou un actif sur cinq est au chômage, le PP a perdu la majorité absolue. Son parti a obtenu 63 sièges de moins par rapport à 2011 et son pire résultat depuis 1993. Le Parti socialiste (PSOE), quant à lui, est deuxième et n’a jamais recueilli un aussi mauvais résultat, avec 90 sièges et 22 % des voix.

Ces élections sont marquées par l’émergence de la formation de gauche radicale Podemos et ses alliés (20,6 % des voix) qui disposent de 69 députés, talonnant ainsi de très près les socialistes. Enfin un autre nouveau parti, le libéral Ciudadanos, obtient 14 % des suffrages et 40 députés.

Le scénario du morcellement

« L’Espagne laisse son nouveau gouvernement en suspens », titre le quotidien conservateur « ABC » lundi. « Le PP l’emporte mais il aura beaucoup de mal à gouverner », estimait « El Pais » (centre-gauche), tandis que le journal catalan « El Periodico » faisait sa une sous forme de petite annonce: « Cherchons un président pour l’Espagne ».

Les Espagnols ont voulu renouveler leur classe politique, mais ne sont pas allés assez loin pour changer radicalement la donne et le scénario de morcellement redouté par beaucoup s’est finalement produit. C’est d’autant plus vrai que les grandes formations ne semblent pas pouvoir trouver une bouée de sauvetage auprès des petites. Ciudadanos et Podemos, qui n’ont de cesse de les dénoncer, ont à maintes reprises indiqué qu’ils ne les soutiendraient pas car elles incarnent la « vieille politique » selon eux.

Conséquence de ce morcellement, aucun bloc, à gauche ou à droite, n’a de majorité absolue. Le PP, avec Ciudadanos, n’aurait que 163 sièges, or la majorité est à 176. Et un bloc PSOE-Podemos n’obtiendrait que 159 sièges. Une autre configuration serait une alliance « tripartite » de Podemos et Ciudadanos avec les socialistes (199 sièges) pour imposer un « changement » au gouvernement. Mais ce scénario serait compliqué. Restent les soutiens des petites formations régionales séparatistes de Catalogne, du Pays basque et des Iles Canaries, qui pourraient permettre à un bloc de gauche d’atteindre le nombre de sièges escomptés.

Convoquer de nouvelles élections

De véritables « sudoku » pour hommes politiques et politologues en Espagne, habitués à plus de 30 ans de confortable alternance entre la droite et la gauche, depuis 1982. En l’absence de majorité absolue existe l’option d’un gouvernement investi avec une majorité simple, mais qui devrait négocier pied à pied chacune de ses politiques pour gouverner.

Pedro Sanchez, le chef du PSOE, a estimé que beaucoup de « dialogue » serait nécessaire.Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a déjà exigé des mesures d’urgence sociale, qui ne peuvent être retardées selon lui. Albert Rivera, le dirigeant de Ciudadanos, a lui insisté sur la centralité de sa formation, la seule capable de dialoguer avec les extrêmes.

Ainsi s’ouvre pour l’Espagne une période de fêtes marquée par l’incertitude, avant le 13 janvier, date de la première séance parlementaire. Après un premier vote d’investiture dont la date n’a pas été fixée, le Parlement disposera de deux mois pour investir un gouvernement. S’il n’y arrive pas, le gouvernement devra convoquer de nouvelles élections, ce qui reste une option possible.

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