La riposte du Maroc sur le dossier du Sahara occidental

Saad Eddine el-Othmani est attendu à Laayoune, au Sahara occidental.

Rabat, AP- Ce lundi 9 avril, le chef du gouvernement Saad Eddine el-Othmani est attendu à Laayoune, capitale de ce territoire contesté, en présence des principaux chefs de partis politiques marocains, où une « importante annonce » doit y être faite. Depuis une semaine, le Maroc dénonce des manœuvres du Polisario dans la zone tampon délimitant la partie annexée par le Maroc des territoires considérés comme « libérés » par les indépendantistes sahraouis. Une présence qui remettrait dangereusement en cause, selon Rabat, les accords de cessez-le-feu signés en 1991.

Le Maroc considère toute modification de données dans la zone tampon comme étant « une agression à son encontre », déclarait mardi dernier 3 avril Saad Eddine el-Othmani lors d’une réunion informelle au Parlement.

Quelques jours plus tôt, photos satellites à l’appui, le chef de la diplomatie Nasser Bourita alertait les Nations unies d’incursion du Polisario dans la ville de Mahba, située dans la zone tampon. Affichant une fermeté manifeste, le Maroc le martèle depuis plusieurs jours : il ne permettra pas l’installation effective de campements dans cette zone comprenant les localités de Tifariti et Bir Lahlou.

Situé au-delà du mur des sables, érigé à la fin des hostilités – faute de réactions onusienne – qui assure ne pas avoir repéré de mouvement suspect – les milieux diplomatiques marocains auraient, selon le site d’information Ledesk, haussé le ton envers Alger en menaçant d’une opération militaire afin de déloger ces membres du Polisario. Car si la colère semble vive côté marocain c’est que des membres du Polisario sont aussi présents dans la localité de Guerguerate, no man’s land entre le Sahara occidental, l’Algérie et la Mauritanie.

Selon les observateurs, Rabat voit en ces présences multiples une tentative d’installer une frontière de facto côté Polisario, et ainsi une sortie du droit international. Si Rabat semble avoir envisagé une option militaire, elle devrait largement perturber le renouvellement annuel de la Minurso, la force onusienne de maintien de la paix, qui doit être débattu à la fin du mois d’avril au Conseil de sécurité.

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