Egypte: condamnée pour avoir dénoncé le harcèlement, son mari demande sa grâce

L’activiste Mohamed Lotfy demande la grâce de sa femme Amal Fathi, condamnée à deux ans de prison pour avoir dénoncé le harcèlement en Egypte.

Caire, AP- Une militante des droits de l’homme égyptienne, Amal Fathi, a été condamnée à deux ans de prison ferme pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans son pays. Son mari, l’activiste Mohamed Lotfy, en appelle aux autorités et voit dans cette condamnation un mauvais message envoyé aux femmes égyptiennes.

Amal Fathi avait été arrêtée en mai après avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle avait critiqué le manque d’action des autorités face au harcèlement sexuel que subissent les Egyptiennes. La justice l’a condamnée pour diffusion de « fausses informations ».

La jeune femme de 34 ans est l’épouse du célèbre militant des droits de l’homme égyptien Mohamed Lotfy. Ce dernier dénonce une injustice. Il demande au président Abdel Fattah al-Sissi de la gracier et indique avoir présenté une demande en ce sens auprès du Conseil national des droits de l’homme, chargé de transmettre le dossier à un comité présidentiel.

« Quel message envoie cette condamnation aux femmes égyptiennes ? Ce n’est pas du tout constructif ! s’indigne-t-il. Les autorités devraient pouvoir dire : « oui nous n’avons pas arrêté les personnes qui ont harcelé Amal Fathi, oui nous ne sommes pas d’accord avec la méthode à laquelle a eu recours Amal Fathi pour dénoncer le harcèlement, mais non nous n’allons pas condamner Amal Fathi à une peine d’emprisonnement ». De cette façon, ce serait un message positif adressé aux femmes égyptiennes. Ce serait une manière d’encourager les femmes à déposer plainte lorsqu’elles sont victimes de harcèlement sexuel. Et cela nous permettrait d’éradiquer ce fléau ».

Actuellement assignée à résidence, Amal Fathi doit se rendre au commissariat chaque semaine. Mohamed Lotfy craint qu’elle soit de nouveau arrêtée samedi lors de son prochain rendez-vous. Le militant, qui est à la tête de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés (ECRF), a également précisé que la condamnation de sa femme ferait l’objet d’un pourvoi en cassation.

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