Elections à Madagascar: conférence des ministres du TIM

Les 4 ministres TIM, de gauche à droite : Lydia Rahantasoa (Enseignement technique), Guy RIvo (Industrie), Roland Ravatomanga (Eau, assainissement, hygiène), Marcel Napetoke (Economie).

Antananarivo, AP- C’est ce mardi 8 janvier, à 15h00 (heure locale), que Madagascar devrait connaître officiellement le nom de son président pour les cinq années à venir. Une cérémonie qui aura lieu dans un climat tendu. En effet, le candidat Ravalomanana, annoncé perdant par les résultats provisoires de la Céni, n’a cessé d’affirmer, depuis le second tour, l’existence de fraudes massives. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) devra trancher et décider si oui ou non, les preuves apportées par les candidats peuvent remettre le scrutin en cause. Lundi 7 janvier, comme une ultime tentative de dénonciation, les quatre ministres TIM – le parti de l’ex-président Ravalomanana – appartenant au gouvernement actuel de consensus ont pris la parole. Ils dénoncent, en premier lieu, les violences policières envers les manifestants du mouvement baptisé « anti-fraude » qui se réunit chaque jour, depuis le 2 janvier, dans le centre de la capitale.

Lundi, ils sont sortis de leur silence. Les quatre ministres étiquetés TIM ont attendu la veille de l’annonce officielle des résultats pour lancer leur message d’alerte.

« En tant que ministres TIM, nous demandons au président de la République par intérim et nous demandons au Premier ministre de prendre leurs responsabilités pour arrêter l’usage de la force envers la population, surtout lorsqu’il s’agit d’une population qui demande à trouver la vérité », a déclaré Guy Rivo, porte-parole du parti de Marc Ravalomanana et actuel ministre de l’Industrie.

Un message à peine voilé destiné directement au chef du gouvernement. Etiqueté MAPAR – le parti du candidat Rajoelina – il est accusé, en interne, d’avoir ordonné lui-même la répression des manifestations Place du 13-Mai.

Les ministres exhortent également la HCC de faire « la vérité » sur cette élection pour éviter de retomber dans une nouvelle crise post-électorale.

« Tant qu’il n’y a pas d’élection transparente, crédible, acceptée par tous, il y aura toujours des crises. Pourquoi en Europe, il n’y a pas de coup d’Etat ? Parce que les personnes qui sont élues le sont au suffrage universel tandis que chez nous, ce n’est pas le cas ! La communauté internationale voit bien les fraudes qui se sont passées ici mais elle ferme les yeux ! Evidemment que c’est très grave !  Et pourquoi, quand ça se passe chez nous, tout le monde dit qu’il n’y a pas eu de fraude alors qu’elles sont flagrantes ?! », souligne, de son côté, Marcel Napetoke, ministre de l’Economie.

Au même moment, à l’autre bout de la ville, la Céni annonçait qu’elle rendrait public l’ensemble des anomalies constatées durant l’élection présidentielle, le 24 janvier prochain. Pourquoi si tard ? De quoi créer de nouvelles suspicions.

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