Kenya: les réfugiés somaliens du camp de Dadaab victimes de la menace shebab

Un des marchés du camp de Dadaab.

Nairobie, AP- Créé dans les années 90, le camp de Dadaab, dans le nord du Kenya, à moins de 100 kilomètres de la frontière somalienne, est resté longtemps le plus camp de réfugiés du monde. Aujourd’hui, près de 226 000 Somaliens y vivent encore. La sécurité dans la région est très volatile, car les terroristes somaliens constituent une menace constante, même pour les réfugiés.

Dans l’un des marchés de Dadaab, les ruelles grouillent de réfugiés et la vie semble s’écouler normalement. Mais la menace shebab est bien là, diffuse, comme en témoigne Souleymane Farah Abdi. Il vit au camp depuis 27 ans : « Ça a commencé en 2011 quand le Kenya a envoyé des troupes combattre le groupe en Somalie. Les shebabs mettaient des explosifs sur les routes, attaquaient les véhicules, kidnappaient les gens. Le gouvernement s’en est même pris à nous. Il nous accusait d’être des criminels, car nous sommes Somaliens ».

Pour certaines communautés vulnérables, comme les femmes, le danger est encore plus grand. Suma Gareme Abdi affirme avoir été violée par un islamiste : « Nous étions une dizaine dans la forêt à ramasser du bois. Un homme armé m’a attrapé, les autres ont fui. Je me souviens qu’il avait beaucoup de cheveux et qu’il souriait. Il m’a violée trois fois, alors que j’étais enceinte. Je ne sors plus chercher du bois. C’est toujours dangereux ».

Khalif Muse Samatar slame sur sa vie de réfugié. Cet artiste somalien ne vit plus à Dadaab. Il s’est installé il y a quatre ans dans un hôtel en face du camp : « Un homonyme s’est fait abattre. Les tueurs se sont même excusés, car ils pensaient que c’était moi. Donc en fait les shebabs m’ont déjà assassiné. J’ai alors dormi dans différents endroits chaque nuit. Mais beaucoup de gens craignaient de m’abriter. Je n’avais pas le choix, j’ai déménagé ici. J’étais une cible parce que je suis un artiste ».

Ces derniers mois, la sécurité s’est améliorée et les attaques sont plus rares. Mais pour Khalif Muse Samatar, il est hors de question de retourner au camp.

Khalif Muse Samatar, slameur, a quitté le camp de Dadaab il y a 4 ans pour s’installer dans un hôtel en face. © RFI/Sébastien Németh

Share
afriquepresse

Add your Biographical Info and they will appear here.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *