Lois électorales à Madagascar: d’anciens officiers prennent la parole

Elèves officiers de l’Académie militaire malgache, le 26 juin, lors du défilé de la Fête nationale.

Antananarivo, AP- Une quinzaine de généraux et colonels à la retraite ont décidé de s’exprimer devant les médias et via communiqué. L’élément déclencheur : le vote rocambolesque des lois électorales à l’Assemblée nationale il y a deux semaines. « Corruption, abus de pouvoir, non-respects de la loi en particulier de la Constitution : les institutions du pays s’affaiblissent », disent ces officiers qui avouent commencer « à perdre espoir ». Au lendemain de ces déclarations inhabituelles de la part de militaires, RFI a donné la parole à certains observateurs.

« Une nouvelle crise s’annonce » : c’est en ces termes que les officiers retraités interpellent les dirigeants, les politiques, et les militaires. Juvence Ramasy, maître de conférence en Sciences politiques et chercheur sur les questions de défense et de sécurité, décrypte : « Le communiqué, effectivement, interpelle les cadets de l’armée. Car il faut savoir que l’armée mais également la police et la gendarmerie ont joué un rôle important en matière électorale, lors des dernières élections qu’a connues le pays. Donc est-ce que cet appel aux cadets va mettre à mal l’unité de l’armée ? Unité qui semble déjà assez fébrile aujourd’hui. Là est la question. Ce qu’on peut remarquer, c’est qu’il n’y a pas de grandes figures militaires parmi les signataires dudit communiqué. Donc on peut effectivement s’interroger sur l’impact que cela pourra avoir au sein des rangs de l’armée. »

Le général en retraite Désiré Ramakavelo et ancien ministre de la Défense de 1991 à 1993, parle lui, de « sensibilisation ».

« Le but de ce communiqué, pour moi, c’est de faire prendre conscience aux forces de l’ordre, aux militaires, du danger qui guette le pays. Ce sont eux qui sont responsables de la sécurité, ce sont eux qui sont responsables, en quelque sorte, du respect des lois. C’est quand même pas un tort de faire prendre conscience à ses cadets ! Si vous pratiquez la politique politicienne, évidemment vous allez dire « ah oui ! Eux ils vont faire un putsch ! » Mais non, pas du tout ! Une prise de conscience ne veut pas dire faire un putsch. »

En off, plusieurs hauts gradés de l’armée, d’active ou à la retraite, approuvent cette initiative. De leur côté, le ministre de la Défense et le chef de l’état-major général de l’armée Malagasy souhaitent ne pas « entrer dans cette polémique ».

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