RCA: le gouvernement et 14 groupes armés paraphent l’accord de paix de Khartoum

Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité et le chef de la diplomatie soudanaise lors de la session d’ouverture des négociations à Khartoum, le 24 janvier 2019.

Bangui, AP- A Khartoum, au Soudan, le gouvernement centrafricain et les quatorze groupes armés viennent d’apposer leurs paraphes sur un accord de paix obtenu au bout de plus de dix jours de négociation sous l’égide de l’Union africaine et de l’ONU. Personne ne connaît pour le moment les détails de ce texte. On devrait le savoir au moment de la signature de l’accord, à Bangui ce mercredi.

Les premiers négociateurs ont atterris dans la soirée à Bangui, où ils doivent participer à la signature de l’accord ce mercredi à la mi-journée. Prévu dans un premier temps à l’Assemblée nationale, la cérémonie aura finalement lieu au palais de la Renaissance, selon le gouvernement centrafricain.

Mardi, un nouvel accord de paix entre gouvernement centrafricain et 14 groupes armés a donc été paraphé à Khartoum. La cérémonie a eu lieu en présence du président centrafricain Faustin-Archange Touadera et de celui du pays hôte, le Soudanais Omar el-Béchir, ainsi que du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Le président tchadien était attendu, mais il n’a pas pu faire le déplacement à Khartoum en raison d’un calendrier chargé et d’une réunion du G5 Sahel prévue au Burkina Faso.

Ce paraphe, c’est le couronnement de dix jours d’âpres négociations, sous l’égide de l’Union africaine. Depuis 2013, il y a déjà eu sept accords signés qui ont tous échoué à ramener la paix dans le pays. Nenamoins, celui-ci est le premier négocié directement entre le gouvernement et les principaux leaders des groupes armés centrafricains, 14 au total, après une année et demi de travail préparatoire sur le terrain par un panel africain qui a recueilli les revendications des uns et des autres.

Le président Faustin-Archange Touadera a mis la barre très haut dans son discours. « L’accord obtenu au prix d’âpres discussions témoigne de l’ampleur des attentes de notre peuple. Nous n’avons pas le droit de décevoir, a-t-il prévenu. Aujourd’hui, le plus bel et sincère hommage que nous puissions rendre aux nôtres disparus et à toutes les victimes, c’est de rentrer ensemble à Bangui pour la signature solennelle de l’accord et nous engager à le mettre en œuvre sans délai. »

Un accord tenu secret

Cet accord traite de questions très délicates, qui divisent énormément la société centrafricaine : l’amnistie qu’ils évitent de citer dans le texte, le partage du pouvoir, l’intégration des ex-rebelles dans les corps de défense et de sécurité. Pour éviter toutes pressions sur les parties avant qu’il ne soit paraphé, l’accord n’a donc pas été rendu public. Personne, à part la facilitation, n’a eu droit à une copie afin d’éviter les fuites.

La raison principale avancée, c’est celle de la cérémonie solennelle à Bangui. A ce moment, le texte de l’accord sera dévoilé, histoire de donner la primeur au premier concerné, le peuple centrafricain.

Selon nos sources, il doit en tout cas entrer en vigueur dès sa signature. Les chefs des groupes armés qui contrôlent près de 80% du territoire centrafricain doivent notamment annoncer une cessation immédiate des hostilités dans tout le pays.
Mais personne ne se fait guère d’illusion : « Les difficultés commencent maintenant avec l’application de l’accord », pour le ministre centrafricain de l’Energie, qui s’est exprimé au nom des groupes armés mardi dans la capitale soudanaise.

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