Centrafrique: le PK5 entre peur et méfiance

Un milicien monte la garde à l’entrée du siège du groupe «Force d’autodéfense» dans le quartier à majorité musulmane du PK5 à Bangui, le 15 novembre 2017.

Bangui, AP- Deux opérations conjointes entre forces onusiennes et centrafricaines ont tenté, les 8 et 10 avril, de mettre la main sur le « général Force », un des chefs de groupes d’autodéfense du PK5, accusé de racketter les commerçants et de semer la terreur. Deux opérations qui se sont soldées par de cuisants échecs et plus d’une vingtaine de morts. Depuis, le quartier commerçant de Bangui, poumon économique de la capitale, est à l’arrêt et vit totalement retranché, dans un climat de méfiance et de peur.

Dimanche matin encore, les boutiques du quartier sont restées fermées. Des hommes en armes circulaient, surveillaient et montaient la garde. Et des barricades constituées de monticules de meubles ou de carcasses de camions étaient érigées aux différentes entrées du 3e arrondissement. Tout comme en travers des avenues, pour empêcher la progression de véhicules militaires dans le cas d’une éventuelle nouvelle opération de la Minusca ou des FACA dans le quartier.

Depuis mardi au KM5, la peur est montée d’un cran. Peur d’une nouvelle opération et de nouveaux morts. Peur qu’un désarmement des autodéfenses entraine pillages et exactions de la part de FACA qui suscitent toujours la méfiance dans le quartier.

Peur, surtout, d’un général Force galvanisé par sa victoire contre les casques bleus et les FACA. Les commerçants qui appelaient depuis des semaines la Minusca à intervenir pour arrêter Force et désarmer ses hommes craignent aujourd’hui les représailles du chef de gang. Chose impensable il y a quelques mois encore, certains commerçants musulmans se sont même réfugiés dans d’autres quartiers de Bangui ou la vie suit un cours normal.

Autre sentiment : la méfiance. On parle à voix basse, en surveillant qui passe à proximité. On reste cloitré chez soi. Dans ce climat, les médiations et discussions ont repris et nombre de notables pensent qu’après l’échec de l’option militaire, il ne reste que la négociation. Les réunions ont donc recommencé. Dimanche soir, en signe d’apaisement, les autodéfenses commençaient à démonter les barricades.

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