Scandale D’Etat, Un Paparazzi Au Cœur De La République : Comment Lionel Mandeix A Infiltré Les Archives Du Palais ?

Le président Macky Sall peu avant l’allocution télévisée du 16 février 2016.HO / SENEGAL PRESIDENTIAL PRESS OFFICE / AFP

Dakar, AP- Des images révélant les lettres de Créances du Pakistan en Nov 1991, le voyage officiel du Président Sénégalais en Espagne le 13 Octobre 1978, les images du Président Luis Cabral à Dakar le 22 Sept 1978 avec feu Amadou Gaston Faye. L’exclusivité de l’Inauguration de la SICAP HLM le 11 Octobre 1979 avec feu Bruno Diatta et Khadija Diouf. Brésil, 4 Nov 1977, voyage présidentiel. La liste est loin d’être exhaustive.

Toutes ces images qui devaient être en secret au niveau des archives nationales sont étalées sur la page Facebook du français Lionel Mandeix qui semble confondre sa vie privée et les affaires de l’Etat Sénégalais. Kritik qui s’arrête sur le sujet pour le déplorer n’en a cure de ses avantages et intérêts, mais déplore la légèreté avec laquelle nos dirigeants se choisissent des collaborateurs extérieurs sans aucune enquête préalable sur l’identité, le passé et la rigueur, surtout de ses sorciers blancs qui n’ont aucun remède miracle particulier. Zoom sur l’inconnu qui fouille dans nos affaires.

Les archives du Palais qui constituent la mémoire du pays ne sont pas bien gardées. Les véritables bijoux de la famille Sénégal sont vilipendés à travers le monde. Des secrets du Palais aux archives de nos illustres guides religieux, officiels et étrangers en visite au Sénégal, mémoires et données administratives compilées, c’est tout ce que compte notre pays comme patrimoine et traçabilité qui est mis à la disposition d’un chasseur d’images, un paparazzi employé par les officines du Palais pour lustrer l’image du Chef de l’Etat mais qui n’est point sous contrôle, en attestent les images privées visibles sur sa Facebook.

À la veille de la Présidentielle, les photographes sénégalais avaient fait une réaction corporatiste, pour s’en déplaire, expliquant qu’un étranger leur ôtait le pain à la bouche. La plainte était mal venue dans le contexte de la campagne électorale où les stratégies de communication, tissées dans le secret des officines de parti politique, échappaient au contrôle protocolaire.

Mais quand il s’agit des archives relevant des affaires internes de la République, c’est une légèreté inadmissible, déjà que le paparazzi au viseur est beaucoup plus connu pour ses états de service dans le monde du showbiz.

Effectivement, notre ami Lionel Mandeix est arrivé au Sénégal pour les besoins de la mise en boite d’images d’artistes, le photographe ayant fait ses armes entre casting de stars et albums de mannequins. Profitant de son séjour dakarois pour taper dans l’œil de quelques complexés, le toubab ne s’est pas arrêt au premier flash, son sens aigu du buisines le poussera à se faire de l’expérience imaginaire dans le domaine de la communication politique, se présentant au recruteur public sous les traits d’un stratège politique outillé dans le domaine de l’image.

La suite est connue, le Président Sall, certainement séduit par les nouveaux angles de vue du paparazzi, lui confiera le secret des archives, avec tâche professionnelle de faire les images officielles du chef de l’Etat. Le crime aurait pu s’arrêter là et les défenseurs des intérêts nationaux n’auraient rien à dire. À part se plaindre pour la préférence nationale. Mais quand le gourou toubab tombe dans son propre jeu, le scandale n’est plus loin. En effet, notre ami Lionel a certainement dépassé les frontières de sa vie professionnelle et se permet des écarts sur les réseaux sociaux. Rien que sur sa page Facebook, l’album photos, révélant les secrets d’Etat, frise la catastrophe. Des images de voyages présidentiels et des couples présidentiels, les visites de diplomates étrangers, les invités en privé du président Senghor, jusqu’aux états d’âme de nos chefs d’Etat, à travers des prises de vue explicites.

Pour quel usage ces photos censées être exclusives au niveau des archives nationales se retrouvent-elles sur la place publique ? Pour se tailler une réputation sur le plan international, les photographes de presse se valent de par la qualité de leurs clichés. Mais quand il s’agit pour les sorciers blancs de fréquenter les palais africains, c’est en plus pour étoffer leur CV, profiter de la proximité ainsi offerte par le protocole pour s’ouvrir des marchés et opportunités. A ce niveau d’insouciance et de manque de patriotisme pour un chasseur de prime qui voyage au gré des offres financières, le pas est vite franchi, consciemment ou non.

Sokhna Thiam (Journal Kritik)

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