Chute d’Omar el-Béchir: les États-Unis embarrassés

L’ex-président soudanais Omar el-Béchir, ici le 5 avril 2019 à Khartoum.

AP- Washington avait entamé ces dernières années un dégel de ses relations avec le président déchu du Soudan, longtemps désigné comme l’un de ses pires ennemis. Après son renversement par l’armée, le département d’État américain a discrètement salué un « moment historique » et se montre plus timide qu’à l’accoutumée.

Le département d’État américain masque difficilement son embarras et se contente d’appeler les autorités militaires à former un « gouvernement inclusif et représentatif, dirigé par des civils », après le renversement d’Omar el-Béchir. Alors que l’armée soudanaise annonce une transition militaire de deux ans, le porte-parole de la diplomatie américaine a simplement répondu, jeudi 11 avril, que « cela doit se faire plus rapidement ».

Réchauffement des relations ces dernières années

Une timidité plutôt inhabituelle de la part d’une administration Trump habituée aux positions diplomatiques tranchées. Mais, après des années de sanctions économiques en raison de son soutien à Oussama Ben Laden et des crimes commis au Darfour, Washington avait finalement amorcé sous Barack Obama un rapprochement avec le régime de Khartoum. Une stratégie poursuivie sous Donald Trump, au nom notamment de la lutte antiterroriste.

Les relations entre les États-Unis et le Soudan ont toujours été compliquées. Omar el-Béchir était à la tête d’un régime génocidaire. Il a persécuté ses opposants. Il leur a fait la guerre. Il a violé les droits de l’homme. Pour ces raisons, il a été inculpé par la Cour pénale internationale. Son pays a fait l’objet de sanctions internationales et américaines. En même temps, les États-Unis ont dû collaborer avec lui sur des questions de sécurité régionale parce que certains extrémistes menacent, pas uniquement des gouvernements africains, mais aussi le gouvernement américain. Donc, sur ces sujets-là, il a fallu coopérer avec lui.

Jusqu’à la levée, en 2017, d’un embargo économique vieux de 20 ans contre le Soudan. Des discussions étaient d’ailleurs en cours pour retirer le Soudan de la liste noire des États soutenant le terrorisme. La prochaine réunion devait se tenir fin avril. Dans un communiqué, le département d’État annonce son annulation et la suspension sine die de ce dialogue avec le Soudan.

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