Général Abdoulaye Fall : «Ce que nous partageons avec la Chine»

Général Abdoulaye Fall

Général Abdoulaye Fall

AP- À l’occasion du Forum de l’initiative «une Ceinture et une Route», qui aura lieu les 14 et 15 mai prochains à Beijing, le général Abdoulaye Fall, ambassadeur du Sénégal en Chine, a livré sa perception du projet, mais aussi son point de vue quant aux relations entre les deux pays.

Que représente «une Ceinture et une Route» pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier ?

Cette initiative est la Route de la Soie du XXIe siècle. Elle est à mettre au crédit du Président chinois Xi Jinping, qui souhaite développer une coopération entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, sur le plan politique, mais également sur le plan commercial, financier et culturel. En nous plaçant aux avant-postes de la mondialisation, «une Ceinture et une Route» se révèle donc bénéfique pour l’Afrique en général, et pour le Sénégal en particulier. Et cela retient grandement notre attention.

Comment cette initiative peut-elle s’intégrer au Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) et aux objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA) ?

Durant le Sommet de Johannesburg, le 4 décembre 2015, le Président Xi Jinping a dévoilé un programme ambitieux bâti autour de dix grandes thématiques : les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, le développement vert, le commerce et l’investissement, la lutte contre la pauvreté, la santé publique, le financement, la paix et la sécurité. Soit autant de secteurs de développement communs avec « une Ceinture et une Route ». Les deux approches sont donc similaires et peuvent s’adosser l’une à l’autre.

Quelles sont les bases de ce socle commun qui existe entre l’Afrique et la Chine ?

Les trajectoires de la Chine et de l’Afrique sont relativement parallèles et l’on pourrait distinguer trois grandes étapes. La première repose sur une libération. Car, tout comme la Chine, l’Afrique a fini par se libérer, que ce soit de la colonisation ou de l’apartheid. S’ensuit une phase d’intégration, que la Chine a pleinement réussi, en rassemblant 56 groupes ethniques, une partie continentale et une partie insulaire au sein d’un bloc soudé. Si nous y sommes aussi parvenus à l’échelle régionale, c’est désormais ce que nous devons viser à l’échelle du continent, à travers des processus d’unification comme l’UA, par exemple. Enfin, le dernier point est le niveau de développement que la Chine a atteint, en entretenant un partenariat stratégique très fort avec l’Afrique. C’est ce vers quoi nous devons tendre et ce vers quoi la Chine se propose d’accompagner le continent.

Renforcer le lien entre les populations est l’un des objectifs de l’initiative « une Ceinture et une Route ». En quoi est-ce important ?

Vous savez, on ne peut pas uniquement envisager le développement en termes de croissance économique. Car si cette croissance ne profite pas à tous ou néglige l’aspect durable, elle est inutile. Et c’est là qu’intervient la dimension humaine : la finalité reste d’améliorer le niveau de vie des populations. Ce que l’on appelle d’ailleurs ici le « renouveau du grand peuple chinois ».

Dans les faits, cette collaboration se manifeste de plusieurs façons. La Chine accueille, par exemple, un certain nombre d’étudiants sénégalais chaque année. Il existe également de nombreux échanges artistiques et culturels, à l’image de l’institut Confucius que la Chine a récemment ouvert au Sénégal. Tous ces échanges participent, en plus des relations institutionnelles, à une meilleure compréhension entre les peuples et au renforcement de la confiance mutuelle.

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