Afrique du Sud: les métis en colère

Manifestation pour demander des logements, ici, à Ennerdale, au sud de Johannesburg, le 10 mai 2017.

Manifestation pour demander des logements, ici, à Ennerdale, au sud de Johannesburg, le 10 mai 2017.

Johannesburg, AP- En Afrique du Sud, des manifestations violentes ont éclaté dans plusieurs townships de la banlieue sud de Johannesburg cette semaine. Des affrontements dans les quartiers pauvres d’Eldorado, Ennerdale, Kliptown, qui se sont rapidement propagés d’un quartier à l’autre. Au départ il s’agissait de manifestations contre le manque de logement, contre le chômage élevé, qui ont rapidement tourné en heurts. Nombre de ces townships sont des quartiers métis. En Afrique du Sud, on les appelle les « coloured ». Une communauté qui se sent délaissée.

Eldorado Park est l’une des plus vieilles communautés métisses de Johannesburg, un township créé sous l’apartheid. Aujourd’hui le quartier semble abandonné, les rues sont en mauvais état, les maisons décrépies. Eldorado Park a mauvaise réputation : drogue, violence, chômage.

Pour le pasteur Marcus Jacob qui vit ici depuis toujours, il n’y a eu absolument aucun investissement depuis 30 ans : « 90% des hommes dans cette communauté traînent dans la rue, ils sont impliqués dans des crimes, des braquages de voitures, de magasins. Les hommes sont frustrés et les jeunes se tournent vers l’alcool et la drogue. Mais je comprends pourquoi les gens vendent de la drogue, c’est pour mettre du pain sur la table. Et c’est pourquoi le gouvernement doit intervenir et en faire en sorte que les gens aient du travail. »

A une centaine de mètres de là, des jeunes assis dans une voiture boivent de la bière devant un magasin pillé durant la nuit. Cette mère de famille qui a grandi à Eldorado, s’inquiète pour ses enfants. Il n’y a absolument rien pour les jeunes. « Avant, raconte-t-elle, il y avait plus de cliniques, plus d’écoles pour nous. Mais aujourd’hui il n’y a rien. Le taux de chômage est tellement élevé. Par exemple moi je suis infirmière de formation mais je ne peux pas trouver de travail dans un hôpital public, parce qu’il n’embauche pas de métis. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme si on était rien. Sous l’apartheid on n’était pas assez blanc, aujourd’hui on n’est pas assez noir. »

Un sentiment largement partagé par la population qui accuse le gouvernement de délaisser la communauté métisse. D’ailleurs ici quasiment plus personne ne vote pour le parti au pouvoir, l’ANC.

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