Nicolas Hulot, l’homme qui a toujours dit non, entre au gouvernement

Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire.

Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire.

AP- C’est la surprise du premier gouvernement Macron : l’écologiste Nicolas Hulot devient ministre de la Transition écologique et solidaire. Une façon de tenir sa promesse de renouveau, de montrer qu’il compte bien accorder une vraie place à l’environnement, lui qui a souvent été accusé d’y porter peu d’intérêt, une vraie prise de guerre aussi : l’homme qui a toujours dit non à un ministère vient de franchir le pas.

Nicolas Hulot compte parmi les figures de la cause environnementale les plus populaires en France. Avec son émission Ushuaia diffusée pendant 22 ans sur TF1, il parvient à sensibiliser le grand public.

Reste à convaincre les politiques. En 2007, cinq candidats à l’Elysée sur douze, dont Nicolas Sarkozy, signent son « Pacte pour l’écologie ». Mais après le Grenelle de l’Environnement, lancé par Sarkozy, l’abandon du projet de taxe carbone refroidit les relations entre les deux hommes.

Le « commandant couche-tôt », c’est son surnom auprès de ses amis, a toujours préféré murmurer à l’oreille des puissants, inspirant par exemple le célèbre « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » de Jacques Chirac en 2002.

Un homme au-dessus des clivages

La prise dans le nouveau gouvernement est d’autant plus belle que ce n’était pas gagné d’avance. L’écologiste préféré des Français a bien l’image d’un homme au-dessus des clivages. En 2011, Nicolas Hulot est le grand favori de la primaire présidentielle écologiste, mais essuie un camouflet face à Eva Joly.

Meurtri, Nicolas Hulot avait d’ailleurs voté en 2012 Jean-Luc Mélenchon. Il joue pourtant un rôle important aux côtés de François Hollande, qui une fois élu le nomme « envoyé spécial » pour la protection de la planète dans la perspective de la COP 21, la conférence sur le climat, qui se tiendra à Paris en 2015.

Emmanuel Macron, ce n’est d’ailleurs pas sa tasse de thé. Un vote de raison et non d’adhésion, avait écrit l’écologiste de 62 ans dans une tribune dans l’entre-deux tours. Le premier dossier que ce fan de kite surf va trouver sur sa table est miné : c’est celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

En janvier 2016, le président Hollande l’avait sollicité pour entrer au gouvernement. Hulot déclina l’offre, entre autres faute d’assurances suffisantes sur l’abandon de ce projet d’aéroport. Cet épineux dossier pourrait être un point de crispation entre le nouveau ministre et celui qui l’a nommé, tout comme d’autres dossiers, le nucléaire par exemple.

J’ai entendu dire que j’allais vous remplacer. Ce n’ai pas pas possible parce que vous êtes tout bonnement irremplaçable, Ségolène, vous êtes une grande dame et je tiens à vous le dire. J’ai été du côté de ceux qui exigeaient. Un rôle, probablement, dont je vais très rapidement découvrir qu’il est plus facile que d’être du côté de ceux qui réalisent
Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, rend hommage à Ségolène Royal
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