Renault-Fiat-Chrysler: les enjeux d’un rapprochement

John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, l’emblématique président de Fiat, et actuel président de FCA, pourrait devenir président du nouveau groupe en cas de mariage entre Renault et Fiat-Chrysler. John Elkann ici à Milan, le 27 mai 2019.

AP- Le conseil d’administration de Renault a exprimé lundi son « intérêt » pour le projet de fusion à parité proposé par l’italo-américain Fiat-Chrysler.  Si ce projet de mariage se concrétise, cela pourrait donner naissance  au troisième constructeur automobile mondial, pesant plus de 30 milliards d’euros en Bourse. Entretien avec Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

RFI : Quels sont les principaux enjeux de ce projet de fusion ?

Flavien Neuvy: Le premier enjeu est de pouvoir jouer les synergies notamment sur l’achat de pièces détachées. Car une fusion Renault-Fiat Chrysler veut dire des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules. Avec de tels volumes, les synergies sont importantes au moment de l’achat de pièces détachées. Le deuxième enjeu c’est sur les investissements : dans l’industrie automobile, il faut investir beaucoup d’argent pour développer la voiture électrique du futur par exemple ou se développer dans d’autres zones géographiques, comme l’Afrique, qui sera certainement le marché de demain. Donc, une entreprise qui devient grande, elle devient aussi plus puissante avec beaucoup plus de moyens d’investir. Troisième enjeu de cette fusion, c’est d’avoir une couverture géographique : Fiat-Chrysler est très bien implanté en Amérique du Nord alors que Renault n’y est pas. La création d’un groupe Renault-Fiat-Chrysler fera donc une couverture géographique plus importante.

Le projet de cette fusion montre donc que les constructeurs ont de plus en plus de mal à vivre tout seuls dans un secteur en pleine mutation?

Oui, les constructeurs automobiles sont obligés d’accélérer leur transformation et leur rapprochement. Il n’y a pas si longtemps nous avons assisté au rapprochement entre PSA et Opel, qui est devenu un constructeur beaucoup plus gros. L’exemple du projet de fusion Renault-Fiat Chrysler en est un autre. Les constructeurs qui sont seuls ne sont pas en mesure de répondre aux enjeux considérables de l’industrie automobile : inventer la voiture écologique de demain nécessite énormément d’argent. Un constructeur qui vend trois millions de voitures par an n’aurait pas les moyens. Donc, oui, les constructeurs accélèrent leur mutation.

Est-ce que le projet de fusion affaiblira Nissan, l’allié japonais de 20 ans du groupe français Renault

C’est une fusion qui aura un impact sur Nissan. La marque japonaise ne voulait pas une fusion avec son allié Renault. Maintenant une fusion Renault – Fiat-Chrysler veut dire la création d’un groupe beaucoup plus gros que Nissan. Donc, on aura un rapport de force qui sera beaucoup plus important en faveur de Renault-Fiat que par rapport à Nissan, qui aujourd’hui détient 15% du capital du groupe français, mais qui demain détiendra environ 7% du nouvel ensemble Renault Fiat. Donc, oui, sûrement il y aura une conséquence sur l’alliance Renault- Nissan.

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