Les craintes de la population au moment de donner son sang

Un manifestant brandit un drapeau du Soudan. Khartoum, le 5 juin 2019.

Khartoum, AP– Depuis le massacre de lundi, les médecins et la société civile ont lancé un appel national au don du sang au Soudan. Des dizaines de personnes blessées ont besoin de transfusions. Mais donner son sang à Khartoum n’est pas forcément simple.

Malgré l’urgence, peu de Soudanais sont venus donner leur sang jeudi 6 juin. Les paramilitaires sont imprévisibles et partout en ville. Ahmad Mohamad al-Hassan a bravé sa peur pour venir faire un don.

« Depuis lundi, dit-il, je reste autour de la maison. Après ces horreurs, on a tous peur. Je suis venu seul pour vérifier si le trajet était sécurisé. Je reviendrai demain, avec quatre personnes. »

Les détails du massacre de lundi commencent à émerger. Les crimes commis ont choqué partout dans le monde. Abou Siddik est donneur régulier. Il n’a pas hésité. « Les gens qui ont besoin de sang ont mis leurs vies en jeu pour ce pays et pour un meilleur futur pour eux, pour moi, ma famille et mes enfants. Il fallait. »

Déni

Soudain, un militaire s’avance. Il n’appartient pas aux FSR mais à l’armée de l’air. Il se fait appeler Ahmed. Mal à l’aise, il accepte de parler et tient un discours proche du déni :

« J’ai donné récemment, donc je ne peux pas encore le refaire. Mais j’ai vu des policiers et des soldats venir. Lundi, c’était un raid contre des délinquants du quartier Colombia. Les voyous ont fui vers le sit-in. Et les soldats les ont stoppés là-bas. Mais seuls ceux qui ont participé peuvent confirmer. Moi, je n’y étais pas. »

Une attaque contre Colombia qui a dégénéré, c’est la version vendue par le Conseil militaire pour expliquer le massacre. Un patient ayant entendu la conversation affirme que le soldat s’est fait laver le cerveau.

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