RDC: interrogations et inquiétudes sur l’insécurité croissante à Kinshasa

La prison de Makala, en République démocratique du Congo (RDC).

La prison de Makala, en République démocratique du Congo (RDC).

RDC, AP- En République démocratique du Congo (RDC), des questions de plus en plus insistantes se posent après les attaques répétées de centres de détention, ces derniers temps. Il y avait d’abord eu, au mois de mai dernier, l’assaut de la prison centrale de Makala. Puis, dans la nuit de vendredi au samedi 10 juin, l’attaque des cachots du commissariat du Mont Amba ainsi que ceux du Parquet de grande instance de Matete. Le 19 mai, à une cinquantaine de kilomètres de Kinshasa, des dizaines de détenus avaient eux aussi réussi à s’échapper. De nombreux citoyens y voient un mauvais présage pour l’avenir proche. Certains soupçonnent le pouvoir de vouloir retarder l’organisation des élections prévues fin décembre prochain.

Pour l’attaque de la prison centrale de Makala, en mai dernier, qui avait permis l’évasion de quelque 4 000 détenus, nombreux sont ceux qui ont accusé le gouvernement d’être à l’origine de l’évasion de Muanda Nsemi, chef spirituel du mouvement mystico religieux Bundu dia Kongo et des milliers d’autres détenus.

Les mêmes accusations sont réitérées à la suite des attaques, dans la nuit de vendredi à samedi, contre le commissariat urbain du Mont Amba ainsi que ceux du Parquet de grande instance, situés tous les deux dans la commune de Matete. Ces dernières attaques qui ont occasionné l’évasion de dix-sept personnes semblent avoir eu, pour objectif, la libération des détenus.

Mécontentement d’ordre politique

Pour la société civile, ces attaques contre des symboles de l’Etat sont l’expression d’un mécontentement d’ordre politique. Selon George Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), « les incertitudes face à l’organisation des élections » pourraient en être la cause.

Daniel Safu, analyste politique, parle, lui, « d’une stratégie destinée à créer des foyers d’insécurité » en divers endroits du pays dans le seul but de « retarder les élections ». C’est aussi l’avis de l’opposition la plus radicale, celle qui déclare « ne pas percevoir des signaux concrets de bonne volonté » pour l’organisation des élections. Le porte-parole de la majorité, lui, s’est voulu prudent. Alain André Atundu a dit « attendre de réunir tous les éléments liés à ces événements » avant de s’exprimer.

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