Plan américain pour le Proche-Orient: Mahmoud Abbas en «a assez»

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d’une conférence de presse dimanche 23 juin a contesté le plan américain pour le Proche-Orient.

AP- Le volet économique du plan de paix pour le Proche-Orient sera présenté lors d’une conférence mardi et mercredi à Bahreïn, intitulée « De la paix à la prospérité ». Un plan dont les grandes lignes ont déjà été annoncées et qui a été rejeté par les Palestiniens qui n’iront pas à Manama.

Le plan a été concocté par le gendre du président Trump, Jared Kushner. L’administration américaine promet de lever 50 milliards de dollars sur dix ans pour développer l’économie des Territoires palestiniens et des pays riverains. Son projet phare consiste notamment à vouloir créer un corridor reliant la bande de Gaza  la Cisjordanie, les deux territoires palestiniens distants de plusieurs dizaines de kilomètres.

L’administration Trump promet qu’un volet politique viendra plus tard, à l’automne. Mais les responsables palestiniens rejettent d’ores et déjà ce plan. Ils réclament que le volet politique devance les aspects économiques et estiment que l’administration pro-israélienne du président Donald Trump cherche à les acheter et à enterrer leur objectif d’un Etat indépendant.

« Alors qu’Israël a reconnu l’Organisation de libération palestinienne comme étant le représentant légitime et unique du peuple palestinien, les Etats-Unis d‘Amérique contestent ce fait. Le Congrès américain nous considère comme des terroristes, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dimanche lors d’une conférence de presse.

Alors qu’il existe entre Israël et nous-mêmes des accords de coopération en matière de sécurité, Trump nous considère comme des terroristes. Or les Accords d’Oslo entérinés par Yasser Arafat et Yitzhak Rabin reconnaissent l’OLP. Par conséquent, je voudrais savoir ce que les Américains auront inventé en fin de compte. Ils évoquent en ce moment des fonds qui nous seraient destinés et évalués à 50 milliards ou à 60 milliards de dollars. Nous avons l’habitude d’entendre ce genre de propos.

Je n’ai pas besoin d’intermédiaire pour demander de l’aide aux pays arabes. Je m’y rends moi-même et leur demande de l’aide. Alors, comment se fait-il qu’ils veuillent nous rendre service en jouant le rôle du médiateur entre nous et les pays arabes par le biais de projets que Trump ne financera pas ? Nous en avons assez ».

« De la paix à la prospérité »

L’Autorité palestinienne ayant décidé de boycotter le rendez-vous de Manama, intitulé « De la paix à la prospérité », Washington n’a pas invité le gouvernement israélien.

Les alliés des Etats-Unis dans le Golfe, Arabie saoudite et Emirats arabes unis en tête se rendront à Bahreïn ainsi que l’Egypte et la Jordanie. Le Caire enverra l’un de ses vice-ministres des Finances à cette conférence a déclaré à l’Agence France-presse Ahmed Hafez, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères. La Jordanie dépêchera également à Bahreïn un haut responsable de son ministère des Finances. « Aucune proposition économique ne peut remplacer une solution politique qui met fin à l’occupation » des Territoires palestiniens par Israël, a cependant ajouté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La participation du Maroc où une manifestation a eu lieu à Rabat dimanche contre le « congrès de la honte » n’a pas été confirmée.

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