Corée du Sud: Séoul malade de sa pollution

Le soleil se lève sur Séoul, la capitale coréenne en proie aux nuages de pollution. (mars 2017)

AP- L’air est si toxique en Corée du Sud que des écoles ont installé des « salles de sport virtuel », pour remplacer les activités en extérieur lors des pics de pollution. Une initiative étendue à de nombreux établissements, alors que le problème de pollution atmosphérique s’aggrave dans le pays.

L’installation ressemble à une salle bardée de caméras, avec un écran géant sur un mur. Dans l’école primaire Banghak à Séoul, raconte le quotidien Korea Herald, les enfants attendent leur tour pour taper du pied dans un ballon, et viser des cibles sur l’écran.

L’idée, c’est de remplacer le sport à l’extérieur quand la densité de particules fines dans l’air est trop dangereuse pour la santé. Ces installations ont déjà été testées dans 10 établissements et 178 écoles en seront équipées d’ici la fin de l’année, a annoncé le ministère des Sports. Le projet coûtera 5 millions d’euros.

La pollution, enjeu central des élections

Et mercredi 18 avril, le rectorat de Séoul a promis d’installer d’ici 2020 des purificateurs d’air dans chaque crèche, collège et lycée de la capitale. Une promesse qui reflète les inquiétudes de la population : les pics de pollution se multiplient depuis plusieurs semaines, et le sujet est devenu un enjeu central des élections municipales de juin.

La pollution en Corée du Sud entrée dans les habitudes : les parents vérifient chaque matin la densité de particules fines, pour savoir s’ils autorisent leurs enfants à jouer dehors. Dans les rues de Séoul, beaucoup portent des masques sur le visage. Des masques dont les ventes explosent ainsi que celles des purificateurs d’air.

Début avril, pour la toute première fois en Corée, trois matchs de baseball professionnel ont été annulés pour cause de pollution. Et la Fédération coréenne de football vient de changer ses règles pour permettre d’annuler un match, professionnel ou amateur, si la qualité de l’air est jugée dangereuse pour la santé des joueurs et pour celle du public.

De nouvelles centrales au charbon

Ces particules cancérigènes sont essentiellement produites par les centrales au charbon et par les automobiles. Une partie de cette pollution provient des centres industriels de la Chine voisine, et atteint la Corée quand le vent souffle dans la mauvaise direction.

Mais la Corée elle-même produit une bonne partie des particules fines qui empoisonnent son atmosphère, et c’est pourquoi le gouvernement est très critiqué ; il a prévu de construire pas moins de neuf nouvelles centrales au charbon, ce qui suscite la colère de certains observateurs.

« Les particules fines tuent des gens aujourd’hui, et ce sujet est plus grave que les menaces nucléaires de la Corée du Nord », écrit par exemple un éditorialiste du quotidien Joongang, qui parle de « désastre national » et accuse le gouvernement d’éviter de chercher des solutions fondamentales au problème.

L’installation de salles de sport virtuel et de purificateurs dans les écoles n’est en effet qu’un pis-aller qui, en plus, consommera de l’électricité et donc contribuera à aggraver le problème.

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