Retour de l’internet au Soudan: les images des violences circulent de nouveau

Le mouvement de contestation au Soudan a appelé à poursuivre la mobilisation mardi et rejeté l’appel à des élections par les militaires au pouvoir, au lendemain de la dispersion sanglante d’un sit-in de manifestants à Khartoum.

Khartoum, AP- Le réseau avait été coupé juste après la dispersion violente des manifestants réunis devant le QG de l’armée à Khartoum, le 3 juin. Vendredi dernier, le Conseil militaire et les chefs de la contestation se sont entendus sur une présidence alternée à la tête de la future instance qui dirigera le pays pendant trois ans. Le retour d’internet dans le pays faisait partie des conditions de l’accord entre les deux parties.

Les Soudanais, qui avaient gardé des images et vidéos des violences, notamment de la destruction sanglante du cœur de la révolution, le 3 juin dernier, ont pu diffuser ces documents accablants pour la junte et les miliciens FSR. Depuis 48h, de nombreuses photos et vidéos sont postées sur les réseaux sociaux.

Dans l’une d’elles, on entend clairement le rire d’un milicien alors qu’un civil, battu par les soldats, vient de s’évanouir. Dans d’autres, on voit des dizaines de FSR et quelques policiers tirer sur les manifestants, battre et insulter ceux qu’ils attrapent. Sous la menace des bâtons et kalachnikovs, les civils, parfois en sang, sont forcés de faire allégeance en criant « le pouvoir aux militaires ».

« On comprend très bien pourquoi le Conseil militaire avait coupé les connexions. Mais il ne faut pas sous-estimer la colère du peuple et penser que les gens tourneront la page rapidement », réagit le chercheur Rashid Abdi.

D’ailleurs, beaucoup encouragent la diffusion de ces images qui pourraient servir de preuves devant la justice. Des documents qui proviennent de protestataires, mais aussi de miliciens eux-mêmes, dont les visages sont souvent bien visibles. Hemetti, le chef des FSR, est soupçonné d’avoir ordonné le massacre. Mardi, il a pourtant annoncé que le commanditaire de l’opération et tous ceux qui y ont participé avaient été arrêtés. Le numéro un de la junte, Abdel Fatah al-Burhan, continue lui de clamer l’innocence du Conseil militaire dans cette affaire.

En tout cas, ces nouveaux éléments tombent alors que la signature de l’accord de sortie de crise annoncé vendredi dernier vient d’être retardée.

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