Driss Ouaouicha, Président de l’Université Al Akhawayn : « Nous croyons fort au rôle du monde académique dans le rapprochement des points de vue entre les nations »

Le Président Driss Ouaouicha est titulaire d’un Ph.D en linguistique et Education de l’Université du Texas à Austin (Etats-Unis), et a occupé plusieurs postes de responsabilité dans le domaine de la gestion universitaire avant d’être nommé en Décembre 2008 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en tant que Président de l’Université Al Akhawayn.

Le Président Driss Ouaouicha est titulaire d’un Ph.D en linguistique et Education de l’Université du Texas à Austin (Etats-Unis), et a occupé plusieurs postes de responsabilité dans le domaine de la gestion universitaire avant d’être nommé en Décembre 2008 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en tant que Président de l’Université Al Akhawayn.

AP- Al Akhawayn est un modèle pour les universités et la société africaines en général,  avec un campus de 75 hectares doté d’installations ultramodernes, dispensant des cours exclusivement en anglais et située au cœur du Moyen-Atlas, à 1. 650 mètres d’altitude. Située à la ville d’Ifrane, connue comme étant la petite Suisse du Maroc, l’université Al Akhawayn est unique en son genre.L’enseignement y est dispensé en anglais, et elle est organisée selon le modèle américain de type « Liberal Arts ».

Cette prestigieuse université vit au rythme des évolutions au niveau concept  des formations et des révolutions au niveau des missions que son leadership lui soulignent depuis l’arrivée de son président Monsieur Driss Ouaouicha.

Le Président Driss Ouaouicha est titulaire d’un Ph.D en linguistique et Education de l’Université du Texas à Austin (Etats-Unis), et a occupé plusieurs postes de responsabilité dans le domaine de la gestion universitaire avant d’être nommé en Décembre 2008 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en tant que Président de l’Université Al Akhawayn.

Afin de rapprocher nos lecteurs à travers l’Afrique de cette Prestigieuse université, nous avons été rencontrer son président.

De Décembre 2008 à Juin 2017, l’université  internationale d’Al Akhawayn semble s’insérer progressivement dans son environnement immédiat  aux côté de la société civile pour faire la promotion et participer au développement de la ville d’Ifrane, s’agit-il  d’un effet de mode ou d’une vraie révolution des missions à remplir par l’université ? 

Driss Ouaouicha : L’implication de l’Université dans le développement local ne date pas d’hier. Plusieurs exemples peuvent illustrer cet engagement : Tout d’abord l’engagement des étudiants à travers des associations caritatives. Nos étudiants lèvent des fonds et financent des projets socio-éducatifs tels l’achat de cinq bus pour le transport scolaire, la réhabilitation d’écoles rurales, la distribution de vélos, le soutien scolaire, la bibliothèque mobile etc. Ensuite l’Université a ouvert un Centre de Développement Communautaire dans la ville voisine d’Azrou qui fournit à prèsde mille bénéficiaires des services de formation gratuite (alphabétisation, formation post-alphabétisation, éducation non formelle pour récupérer les élèves qui ont quitté l’école ou qui n’ont jamais été scolarisés, etc.). Le troisième volet est le service social obligatoire que tous les étudiants du programme Bachelor doivent effectuer, et qui est un minimum de soixante heures dans une ONG. L’Université est aussi le plus gros employeur de la ville et s’implique étroitement dans les projets de développement de la ville.

 L’arrivée des ‘massive open online courses’ (MOOC), ces cours en ligne massifs et gratuits, a provoqué un véritable électrochoc dans l’enseignement supérieur, pour l’Université Al Akhawayn,  leur émergence a-t-elle vraiment transformé l’université et son mode de fonctionnement ou sont-ils des simples bons outils agrémentant la pédagogie ?

 Les MOOC ont certainement démocratisé l’accès au savoir. Mais comme leur nom indique, ils s’adressent aux masses, c’est-à-dire qu’ils sont un auxiliaire précieux pour transmettre un contenu à des groupes d’apprenants trop nombreux pour les espaces traditionnels. L’Université Al Akhawayn ne s’inscrit pas dans cette logique. Nos effectifs sont réduits et le taux d’encadrement très favorable, 14 étudiants par enseignant et 19 étudiants par classe en moyenne. Les enseignants sont donc en mesure de suivre le développement de leurs étudiants. De plus, nous sommes un campus résidentiel, ce qui favorise le développement des étudiants à travers les activités para-académiques.

Ceci dit, la technologie est utilisée par des enseignants comme un outil qui facilite la communication avec les étudiants. Certains cours sont ainsi hybrides et combinent l’enseignement présentiel avec d’autres ressources en ligne.

La même musique peut être chantée différemment et surtout, dans le cas de l’enseignement supérieur, évoluer constamment. Déjà la précédente « mode », celle des serious games, donnait la part belle à l’enseignement, maintenant l’adaptation et l’adéquation de la formation aux besoins de l’évolution et aux marchés de l’emploi est-t-elle pour vous, un virage qu’il ne faut surtout pas rater ou une nécessité pour réorienter les missions de l’université et diversifier ses champs d’excellences ?

 Notre mission, telle qu’elle est définie dans le Dahir Royal créant l’Université, est de former des cadres, d’assurer la formation continue et d’œuvrer pour le développement social. La formation que nous dispensons est directement liée aux besoins du développement du pays, et partant aux opportunités d’emploi. Nous restons à l’écoute de l’évolution du marché. Nous ouvrons de nouvelles filières et en fermons d’autres.

Al Akhawayn est un modèle pour les universités et la société africaines en général, avec un campus de 75 hectares doté d'installations ultramodernes, dispensant des cours exclusivement en anglais et située au cœur du Moyen-Atlas, à 1. 650 mètres d'altitude.

Al Akhawayn est un modèle pour les universités et la société africaines en général, avec un campus de 75 hectares doté d’installations ultramodernes, dispensant des cours exclusivement en anglais et située au cœur du Moyen-Atlas, à 1. 650 mètres d’altitude.

L’université Al Akhawayn voulait être la plus écolo en Afrique ? la   rencontre africaine sous la présidence du Roi du Maroc lors de la COP 22  peut-elle servir de plateforme pour cultiver une telle idée, ou dans quelles mesures  l’université peut accompagner ce souhait en partage des africains ?

Nous avons participé à la COP22 à travers des sideevents tant à Marrakech qu’à Ifrane. Nous avons établi un partenariat avec l’Université de Trèves (Trier) en Allemagne qui est la première université à zéro émission de gaz à effet de serre en Allemagne. De plus, nous avons lancé plusieurs projets sur notre campus à Ifrane : utilisation de la biomasse pour le chauffage, utilisation de l’éclairage LED, utilisation de panneaux solaires pour le pré-chauffage de l’eau sanitaire et pour l’éclairage public. D’ailleurs le Festival International d’Ifrane qui a lieu les 7, 8 et 9 juillet et dont nous sommes partenaires, a comme thème « l’environnement, la montagne et la spiritualité ». Nous sommes tout à fait prêts à collaborer avec des universités africaines dans ce domaine, bénéficier de leur expérience et les faire bénéficier de la nôtre.

L’université Al Akhawayn est née internationale  maroco-saoudienne-américaine en 1995, elle est ouverte surtout sur l’Amérique, l’Europe et l’Asie, avec des timides partenariats avec l’Afrique, pourtant deux grandes manifestations sur la géopolitique du Maroc en Afrique ont été organisées par ses compétences, y-t-il un programme d’accompagnement et pourquoi pas de consolidation de la pénétration en force, politique et économique du Maroc en Afrique ?

 Il est vrai que nous avons beaucoup de partenariats internationaux avec des universités dans les cinq continents. Mais, nous suivons de près l’environnement géopolitique maroco-africain. Notre Conseil des Administrateurs nous a d’ailleurs chargés de continuer à privilégier notre orientation africaine et de la renforcer. Nous avons ainsi établi des relations avec l’Université du Grand Bassam, en Côte d’Ivoire et sommes en discussion avec d’autres universités en Afrique. Nous essayons actuellement de recruter des étudiants africains pour renforcer la présence africaine sur notre campus.

Où en est le programme «  Africa City » que vous avez mis au point avec les sud africains ?

L’Université Al Akhawayn fait partie d’un groupe de travail sur les défis auxquels les villes africaines font face. Quatre pays ont été sélectionnés pour servir de base d’études, chacun représentant une région, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigéria. Nous venons d’obtenir l’accord et l’adhésion du Ministère de l’Urbanisme et la Politique de la Ville pour une plus grande application et pour le soutien du projet.

Vous avez déclaré auparavant que vous organisez aussi des rencontres académiques maroco-sud-africaines qui vous ont permis de réfléchir sur d’importantes questions contemporaines, peut-on savoir si ces rencontres seront appelées un jour à dissiper la mésentente politique entre Rabat et Pretoria et construire ce pont de production de savoir et de son partage pour consolider la confiance et instaurer la volonté d’aller l’un vers l’autre ?

 Nous avons travaillé auparavant avec des collègues sud-africains sur des thèmes africains. Ainsi, nous avons co-organisé des séminaires sur l’Afrique après le 11 septembre, le rôle du Marco et de l’Afrique du Sud dans la construction de l’Afrique,…

Nous croyons fort au rôle du monde académique dans le rapprochement des points de vue entre les nations et la construction de ponts entre les pays. L’Université est en train de traduire un ouvrage en arabe, « MakingAfricaWork». La version arabe sera présentée en septembre prochain à Rabat.

Vous avez annoncé lors de la remise des prix 2015 / 2016 dans le cadre de votre  partenariat avec le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) pour « booster la recherche axée sur le développement durable », nos lecteurs africains peuvent-ils espérer tirer profit de ces recherches et voir les conclusions se généraliser dans le cadre de la solidarité transafricaine des peuples ?

 Un des principes qui guident la recherche dans notre université est l’aspect appliqué de cette recherche. Le Maroc, à l’instar d’autres pays africains, est un pays en voie de développement, et ainsi, nous privilégions la recherche pour le développement. Bien sûr, notre souhait est qu’il y ait un échange d’expériences avec nos collègues africains dans ce domaine. Nous nous concentrons actuellement sur le e-gouvernement, la technologie dans l’éducation, le développement local et régional et les énergies renouvelables.

 Pour la prestigieuse université qu’est Al Akhawayn, le nombre des étudiants africains est réduit, cela est-il du à l’orientation de l’université ou à un déficit de communication en Afrique des compétences d’excellences et du système d’études ?

  Nous avons des étudiants de vingt pays africains, un petit nombre pour chaque pays toutefois. Notre stratégie a changé. Nous avons décidé d’adopter une politique plus volontariste et de faire connaître notre université en Afrique. Nous sommes conscients du fait que certains aspects de notre système peuvent présenter des défis, comme le système américain, l’enseignement en anglais, les frais de scolarité, etc. Mais nous espérons réussir à faire connaître l’Université Al Akhawayn à travers tout le continent. Le Maroc accueille plus de 7.000 étudiants africains boursiers de l’Agence Marocaine pour la Coopération Internationale. Nous espérons apporter notre modeste contribution à cet effort.

Nous vous invitons à adresser un message à nos lecteurs à travers l’Afrique sur le rôle des compétences humaines dans la construction de notre continent, et sur la nécessité d’échanger pour mieux nous connaitre.

 Il est clair que l’élément humain est central dans le développement des pays et de tout le continent. La population africaine est jeune et sa formation est cruciale. Les pays doivent investir dans les femmes et les hommes de demain. Le rôle primordial de l’éducation et de la formation et de l’économie du savoir n’est plus à prouver pour un avenir meilleur de notre continent et nous tenons à apporter notre contribution à cet effort.

Interview réalisée par Azzeddine Sadki , Directeur pôles Afrique du Nord, proche et moyen Orient Rabat

 

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1 Comment
Etudiant de Akhawayn University

Ce que Mr Ouaouicha oublie de mentionner, c’est que le travail de bénévolat effectué soit disant de manière volontaire est en fait obligatoire. Et si l’étudiant ne le fais pas, il est obligé de payer une amende. Du coup c’est normal de voir un taux élevé de travail  » bénévole « . Obliger et menacer les étudiants pour qu’ils fassent du travail bénévole, c’est juste aberrant dans une université qui se dit ouverte et moderne. Elle a beau avoir un système éducatif Américain, sa mentalité et son organisation est bel et bien Marocaine. Allez demander aux officiels de l’Université si le bénévolat est obligatoire ou pas, peux d’entre eux risqueront de vous répondre. C’est triste à dire mais AUI n’est pas la meilleure université du Maroc, mais la moins pire.

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