Venezuela: «Le secteur privé va aussi souffrir des sanctions»

José Antonio Gil Yepez, directeur de l’institut de sondage et centre d’analyses Datanalisis, à Caracas.

AP- L’administration américaine a gelé tous les biens et intérêts du gouvernement vénézuélien aux États-Unis. Toute transaction est également interdite avec des personnes affiliées au gouvernement Maduro. Quel sera l’impact de ces sanctions ? Réponse de José Antonio Gil Yepez, directeur de l’institut de sondage et centre d’analyses Datanalisis, à Caracas.

RFI : La Maison Blanche soutient que ces nouvelles sanctions – les plus dures prises à ce jour contre le gouvernement Maduro – visent à accélérer un changement de régime. Mais jusqu’ici, les sanctions américaines ne semblent pas avoir eu d’impact. En quoi serait-ce différent aujourd’hui ?

José Antonio Gil Yepes : C’est un pari. La Russie, la Chine, l’Inde et la Turquie aident toujours le gouvernement de Nicolas Maduro aujourd’hui. Mais il n’est pas évident que ces pays aient la capacité économique de le soutenir seuls très longtemps.

L’opposition vénézuélienne insiste sur le fait que le secteur privé vénézuélien ne sera pas touché par ces nouvelles sanctions qui visent uniquement le secteur public. Est-ce vraiment le cas ?

Le secteur privé n’est pas directement visé. Mais indirectement, il y aura évidemment des effets sur les entrepreneurs car l’économie vénézuélienne est très dépendante du pétrole et de l’État. C’est une caractéristique de notre pays. Ce modèle remonte à plusieurs dizaines d’années, avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro et même d’Hugo Chavez. Donc tout le monde sera impacté. Mais c’est peut-être le prix à payer pour parvenir à un changement de gouvernement.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne explique que ces sanctions vont aussi pénaliser les importations d’aliments.

C’est une bonne excuse pour justifier devant la population les problèmes de distribution des CLAP (cartons d’aliments à bas prix subventionnés par le gouvernement, NDLR). Les problèmes de liquidité de l’État vénézuélien ont déjà entrainé une diminution du nombre de boîtes distribuées depuis plusieurs mois.

Caracas accuse Washington de « terrorisme économique » après le gel des biens vénézuéliens. Est-ce que cela reflète une inquiétude ?

Le gouvernement Maduro ne peut pas dire autre chose. Cela fait partie de la rhétorique habituelle. L’impact de ces sanctions sera très fort. Le gouvernement est vraiment préoccupé, il a peur de ce qu’il va se passer. Car leur modèle idéologique est soutenu par la corruption. S’il n’y a pas d’argent, le gouvernement est au pied du mur. Et cela va s’accentuer encore, car je m’attends à d’autres sanctions très prochainement.

Share
afriquepresse

Add your Biographical Info and they will appear here.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *