Crise économique en Argentine: Macri multiplie les annonces et les gestes

Le président argentin Mauricio Macri à Buenos Aires, le 11 août 2019.

AP- Baisse d’impôts, hausse du salaire minimum, gel du prix de l’essence… Face à la crise économique qui frappe l’Argentine, le gouvernement a annoncé une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat. Des annonces qui surviennent quelques jours après la défaite symbolique du président Mauricio Macri aux élections primaires obligatoires. Il n’a plus que deux mois avant les élections du 27 octobre pour redresser la barre. Comment les habitants de la capitale perçoivent ces nouvelles mesures?

Au volant de son taxi noir et jaune, Juan Iglesias Davila guette d’éventuels clients. Cet Argentin d’une cinquantaine d’années n’a pas été convaincu par les annonces du président Macri. « C’est du maquillage… C’est uniquement pour gagner des voix. Le gel du prix de l’essence pendant 90 jours, oui, ça va m’aider, mais après ça, combien vaudra l’essence ? Il faut penser à l’avenir ! », s’agace-t-il.

Lucila Rosi, avocate, est plus mesurée. Elle estime que ces mesures, qui comprennent une suppression des taxes sur les ventes de certains produits alimentaires, des réductions d’impôts et des allocations extraordinaires pour les familles les plus vulnérables, peuvent aider les Argentins. « Je crois que ça peut apporter un peu de tranquillité aux personnes qui ont un revenu modéré. Bon, ça ne va pas suffire à compenser l’inflation à cause de la dévaluation du peso, mais je crois que c’est mieux d’avoir pris ces mesures que de n’avoir rien fait ! », concède-t-elle.

Le peso a perdu 25% de sa valeur face au dollars

En début de semaine, le peso, la monnaie argentine, a perdu jusqu’à 25% de sa valeur face au dollar, avant de se reprendre jeudi 15 août. Les milieux financiers, plus enclins à soutenir Mauricio Macri, s’inquiètent de sa probable défaite au mois d’octobre, face au candidat de l’opposition Alberto Fernández.

Le président argentin a obtenu 32% des voix dimanche, aux primaires obligatoires pour tous les partis, contre 47% des voix pour Alberto Fernández, à la tête d’une large coalition de centre gauche. Ce dernier se présente aux élections du 27 octobre en duo avec l’ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), candidate au poste de vice-présidente.

Une inflation à plus de 50%

Malgré les difficultés traversées depuis le début, l’an dernier, de la crise économique et sociale qui frappe l’Argentine, Graciela Sardi, retraitée, continue de soutenir Macri. « J’avais beaucoup d’espoir quand il a été élu, mais il a hérité d’un pays détruit, alors il a fait ce qu’il a pu. Nous traversons une période difficile, mon mari est propriétaire d’une petite entreprise, il a eu beaucoup de difficultés, mais il faut avancer, et ce n’est pas avec le populisme qu’on va avancer », explique-t-elle.

En raison de la forte dévaluation du peso cette semaine, le taux d’inflation devrait dépasser les 50% cette année en Argentine.

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