Etats-Unis: le Texas gèle les programmes d’aides aux Latinos des «colonias»

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, en 2015 à New York.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, en 2015 à New York.

AP- Au Texas, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, on compte plus de 2 300 communautés installées dans ce qui ressemble bien souvent à des bidonvilles. Les logements peuvent être des maisons en parpaing ou des mobil-homes, mais il n’est pas rare qu’il n’y ait pas d’eau potable ou de système d’assainissement. Ces endroits sont appelés des « colonias », car ils sont peuplés d’immigrants hispaniques, pas forcément en situation irrégulière, mais aux revenus très modestes. L’Etat a décidé de leur couper les vivres.

Le phénomène a commencé dans les années 1950, mais ils sont au moins 500 000 à vivre dans des colonias désormais. L’Etat du Texas a dépensé des centaines de millions de dollars pendant des décennies pour améliorer un minimum leurs conditions.

Sauf que les temps changent : la plupart des programmes d’aides ont été suspendus ces derniers mois. Et en annonçant subitement qu’il fermait le bureau en charge de coordonner, depuis 1999, les différentes aides aux colonias, le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott a mis en lumière une situation déjà dramatique et qui pourrait s’aggraver.

Fragiliser des populations déjà précaires

Car la suspension ou la réduction des budgets de nombreux programmes va fragiliser encore un peu plus des populations déjà extrêmement précaires. Campagnes de vaccination, surveillance médicale ou installation de l’eau courante et d’égouts… la santé de centaines de milliers d’immigrés latinos dépend des aides fédérales ou de l’Etat du Texas.

Or, ce dernier n’en a pas fait mystère ces dernières années : il compte freiner l’immigration illégale, et l’arrivée de Donald Trump l’a encore conforté.

Alors, comment ces milliers de petites communautés, parfois installées en bordure de villes mais faites de bric et de broc, vont-elles pouvoir encaisser ces coupes drastiques ?

Les associations s’inquiètent, et préviennent qu’on pourrait vite revenir aux conditions des années 1970 ou 1980. Le taux de tuberculose dans certaines colonias est déjà deux fois supérieur à celui de l’Etat.

Et sur le demi-million de personnes vivant dans ces communautés, presque 10 % habitait déjà, avant la décision prise par le Texas, dans des conditions totalement insalubres et dangereuses pour la santé.

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