Corée: Trump estime que sa mise en garde n’était «peut-être pas assez dure»

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, en conférence de presse avec le vice-président Mike Pence (à droite), après un briefing en compagnie de son conseiller à la sécurité nationale H. R. McMaster.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, en conférence de presse avec le vice-président Mike Pence (à droite), après un briefing en compagnie de son conseiller à la sécurité nationale H. R. McMaster.

AP- Donald Trump surenchérit. Le président américain a déclaré, jeudi 10 août 2017, que sa formule sur « le feu et la colère », promis à la Corée du Nord si elle persiste dans ses provocations à son encontre, n’était « peut-être pas assez dure ». Son secrétaire à la Défense, le général Mattis, a pour sa part choisi d’adopter un ton plus diplomate.

« Il est grand temps que quelqu’un parle haut et fort pour les habitants de notre pays et les habitants d’autres pays », a déclaré devant la presse le président américain Donald Trump, jeudi depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe ses vacances. Il assume ses mots : « feu et colère ».

Ces remarques visaient bien sûr le régime nord-coréen de Kim Jong-un. Pyongyang a en effet présenté un plan détaillé pour tirer quatre missiles balistiques en direction du territoire non incorporé américain de Guam, île stratégique pour les troupes américaines dans le Pacifique.

L’armée nord-coréenne dit qu’un projet sera soumis après la mi-août à Kim Jong-un. Quatre missiles seraient tirés simultanément, survoleraient les préfectures japonaises de Shimane, Hiroshima et Koichi, avant de s’abîmer en mer à 30 ou 40 km de Guam, hors des eaux territoriales américaines.

« Nous nous préparons à de nombreux scénarios différents », a déclaré le numéro un américain. « Si la Corée du Nord fait quoi que ce soit – ne serait-ce qu’en songeant à attaquer des gens que nous aimons, ou nos alliés, ou nous-mêmes -, ils devront vraiment s’inquiéter », répond M. Trump.

Mais le ministre américain de la Défense, James Mattis, joue pour sa part le rôle du « good cop », du gentil, dans cette crise. Il met en garde : le scénario d’un conflit armé serait « catastrophique » à ses yeux. Et d’insister sur le fait que la position américaine repose avant tout sur la diplomatie :

« Il est de ma responsabilité d’examiner toutes les options militaires. Toutefois, à ce stade, avec le secrétaire d’état Rex Tillerson, et l’ambassadrice de l’ONU Nikki Hayley, vous pouvez constater que l’effort américain est porté par la diplomatie et cela commence à produire des résultats. »

Guerre psychologique globale autour de la péninsule de Corée

L’affaire rappelle aux experts la crise des missiles à Cuba en 1962, sous la présidence de John F. Kennedy. Ce vendredi matin, signe que les blocs sont en place, l’allié régional australien a tenu à manifester son soutien à Washington en cas d’attaque nord-coréenne sur le territoire de Guam.

Devant la presse, Donald Trump a déclaré que Pékin pouvait faire « beaucoup plus » pour contraindre la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire et balistique – sanctionné par l’ONU. « Ils savent ce que j’en pense. Cela ne va pas continuer comme ça », a assuré le président américain.

D’aucuns considèrent que M. Trump cherche à faire réagir la Chine. Ce vendredi, le journal officiel chinois Global Times plaide l’équilibre : si les Etats-Unis attaquent le régime de Kim Jong-un, la Chine doit défendre son allié. Mais si la Corée du Nord attaque Guam en premier, alors elle sera seule.

Située à environ 3 500 km de la Corée du Nord, Guam abrite notamment un bouclier anti-missiles américain THAAD. Un test nord-coréen dans cette direction pourrait contraindre Washington à intercepter les missiles, faute de quoi sa crédibilité militaire serait atteinte. Sans parler du risque d’une erreur de calcul…

Les prochains exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud sont prévus autour du 21 août. De quoi envisager encore une montée en pression d’ici là. A Séoul, le journal Korea Herald ne prend plus de gant : selon lui, « il est désormais temps » pour le Sud de développer un arsenal nucléaire.

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