Hommage national à Mugabe dans un Zimbabwe divisé sur son héritage

Un Zimbabwéen arbore le portrait de l’ancien président Robert Mugabe lors de l’homamge national qui lui est consacré, le 14 septembre 2019.

Harare, AP- L’ex-président zimbabwéen Robert Mugabe sera finalement enterré le mois prochain à Harare. Après plusieurs jours de tractations et de tensions entre la famille du défunt et le gouvernement, un compromis a été trouvé : il sera bien inhumé au « Champ des héros », un monument national, comme le souhaitait le gouvernement. Ce 14 septembre, un hommage lui est rendu au stade national des sports de Harare devant une assistance clairsemée.

La foule est peu nombreuse ce 14 septembre sur les bancs du stade national de la capitale Harare où a commencé vers midi l’hommage national à l’ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, mort le 6 septembre à l’âge de 95 ans.

Plusieurs chefs d’Etat africains sont venus à Harare pour l’occasion, dont les
présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, et de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema. Quasiment tous les chefs d’Etats-membres de la SADC, l’organisation régionale d’Afrique australe, sont présents, tels que le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, les Mozambicains Filipe Nyusi et Joaquim Chissano ou le Zambien Edgar Lungu.

On comptait également Sam Nujoma, le premier président de la Namibie, âgé de 90 ans, le Kenyan Uhuru Kenyatta et surtout Kenneth Kaunda, 95 ans, premier président de la Zambie démocratique chaudement applaudi par la foule.

Alexandra Brangeon@AlexRFI

#Zimbabwe cérémonie en honneur de Robert #Mugabe terminée, les différents chefs d’état sont en train de partir, ici Sam Nujoma, ancien président Namibien

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Tous ont évoqué un homme intègre d’une moralité absolue qui a dédié sa vie à la lutte pour l’indépendance de son pays et de toute l’Afrique. « Il a été l’un des plus formidables combattants du continent », a salué l’ancien président ghanéen Jerry Rawlings, évoquant « un combattant pour la liberté connu et très apprécié, un modèle, mais surtout, surtout un impressionnant compas moral ». Uhuru Kenyatta a évoqué pour sa part « une icône de la libération africaine ».

Cet enthousiasme n’est pas nécessairement partagé par les citoyens zimbabwéens. « Avec quel argent vais-je payer mon transport pour aller jusqu’au stade ? » déclare ce matin un vendeur de rue. « Oui c’était un grand homme, ajoute-t-il. Regardez l’état de notre pays ».

ZimEye

@ZimEye

Watch South African president Cyril Ramaphosa booed at Mugabe funeral at the National sports stadium

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Un moment très embarrassant a eu lieu lorsque le président sud-africain Cyril Ramaphosa qui s’est fait siffler alors qu’il tentait de rendre hommage à l’ex-président Mugabe. Les Zimbabwéens sont en colère en raison des incidents xénophobes qui ont éclaté ces dernières semaines en Afrique du Sud et qui ont touché de nombreux ressortissants zimbabwéens. L’incident a bien duré dix minutes et le président a du s’excuser au nom de son pays.

« Je me tiens devant vous en tant que frère africain pour exprimer mes regrets et vous présenter toutes mes excuses pour ce qu’il s’est passé dans mon pays, a déclaré Cyril Ramaphosa. Ce qui est arrivé en Afrique du Sud va à l’encontre de l’idéal d’une unité du peuple africain pour lequel se sont battus Robert Mugabe, Nelson Mandela et tous les grands leaders de notre continent. Je suis devant vous, mes frères zimbabwéens, mes frères africains, pour vous dire que nous faisons tout ce que nous pouvons pour encourager le peuple sud-africain à accepter et accueillir les Africains de tout le continent ».

A la fin de la cérémonie, le président sud-africain a rapidement quitté le stade dans un véhicule venu le chercher au pied de la tribune.

Mausolée au Champ des héros

Après la fin des hommages, la foule attendait de pouvoir s’incliner devant la dépouille tandis que l’armée effectuait des tirs en hommage à Robert Mugabe. Après la cérémonie, la dépouille de Robert Mugabe devait être transportée jusqu’à son vilage natal, à une centaine de kilomètres de la capitale, afin que les habitants de la région puissent lui rendre un dernier hommage. Puis aura lieu l’inhumation solennelle, dans un mois, à l’issue de la construction du mausolée qui accuillera la dépouille de Robert Mugabe.

« Nous allons construire un mausolée tout en haut de la colline du « Champ des héros » pour accueillir le père fondateur », a annoncé le 13 septembre le président Emmerson Mnangagwa. Le Champ des héros accueille plus d’une centaine de combattants de l’indépendance du Zimbabwe.

La famille de Robert Mugabe qui souhaitait que le défunt soit enterré en privé dans son village natal a finalement cédé à l’insistance du gouvernement. Les obsèques sont donc prévues dans trente jours le temps de construire le monument.

Alexandra Brangeon@AlexRFI

#Zimbabwe: le président Robert #Mugabe sera enterré d’ici 30 jours dans le champs des héros à Harare, le temps de construire un mausolée, annonce Leo Mugabe, porte parole de la famille

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Les Zimbabwéens sont divisés

Héros national ou tyran qui a ruiné son pays ? les Zimbabwéens sont partagés et témoignent comme ces habitants de la capitale -politiquement favorable à l’opposition- que notre envoyée spéciale a rencontrés.

Alexandra Brangeon@AlexRFI

#Zimbabwe, début des obsèques de l’ex président Robert #Mugabe dans le stade national d’Harare à moitié vide

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«Je suis en deuil, pour mes frères et sœur qui ont été élevés sous Robert Mugabe, témoigne un étudiant en médecine. Et qui après avoir fait leur étude n’ont jamais pu obtenir un travail dans leur domaine. C’est pour eux que je suis en deuil. Pas pour ce vieil homme qui a volé le futur de toute une génération… Pour cette employée par contre, il mérite d’être enterré au Champ des héros. Il faut regarder ce qu’il a accompli de positif. Personne n’est parfait, mais moi je préfère regarder le bon côté

Les Zimbabwéens et les adieux à Robert Muqabe

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