Afrique du Sud : après l’échec de la défiance, l’opposition tente d’obtenir la destitution de Zuma

Le président sud-africain Jacob Zuma lors d'un discours à Johannesburg, en juillet 2017.

Le président sud-africain Jacob Zuma lors d’un discours à Johannesburg, en juillet 2017.

Johannesburg, AP- Moins d’un mois après l’échec du vote de défiance contre le président Jacob Zuma, le 8 août dernier au Parlement, une partie de l’opposition sud-africaine lance une nouvelle procédure en vue d’obtenir, cette fois, la destitution du président sud-africain.

Une de plus. Ce mardi, le parti des Combattants pour la liberté économique (EFF), a à nouveau amorcé une nouvelle procédure pour obtenir le départ de Jacob Zuma avant le terme de son mandat, prévu en 2019. Cette fois, le parti de Julius Malema a porté seul le dossier devant la Cour constitutionnelle, sans l’apport formel de l’Alliance démocratique de Mmusi Maimane.

La stratégie de l’EFF est d’obtenir que la Cour constitutionnelle oblige le Parlement à mettre en place une commission d’enquête sur les activités de Jacob Zuma. Commission dont les conclusions doivent ensuite servir de base à un éventuel vote de destitution.

Le comportement du président n’a pas été examiné à la loupe

L’avocat Tembeka Ngcukaitobi a plaidé devant la Cour constitutionnelle au nom du parti des Combattants pour la liberté économique (EFF). « Le comportement du président n’a pas été examiné à la loupe », a-t-il notamment estimé, avant de réclamer « qu’il y ait une enquête sur son comportement ». Le porte-parole des EFF, Godrich Gardee, a pour sa part qualifié le président sud-africain « d’escroc » et l’a accusé d’avoir « échoué dans son devoir de président ».

Majorité des deux-tiers nécessaire

La différence majeure avec les précédentes procédures de défiance auxquelles le président sud-africain a jusqu’ici fait face est que la procédure de destitution – si elle aboutit à un vote devant le Parlement – nécessite une majorité des deux-tiers, là où la motion de défiance nécessite la majorité absolue.

Jacob Zuma est au centre de plusieurs scandales politico-financiers, mais les précédentes tentatives de l’opposition d’obtenir son départ se sont toutes soldées par des échecs. La dernière en date, un vote de défiance à bulletin secret au Parlement, n’a pas fait exception à la règle. Le chef de l’État sud-africain est cependant sorti fragilisé de cette dernière séquence, qui ne s’est jouée qu’à quelques voix. Sur les 384 votants, 198 parlementaires se sont exprimés contre la démission du président Jacob Zuma, et 177 ont voté pour. Neuf députés s’étaient abstenus. Or, l’ANC, son parti, compte 249 députés sur un total de 400 au Parlement.

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