Les scientifiques alertent sur la mortalité des oiseaux et sur le permafrost

Les moineaux font partie des espèces les plus touchées par cette chute des populations en Amérique du Nord depuis 50 ans.

AP- Deux rapports tirent la sonnette d’alarme à l’heure du début d’une semaine de mobilisation partout dans le monde pour sauver le climat. Un article de Science revient sur la disparition de 3,2 milliards d’oiseaux depuis 50 ans en Amérique du Nord (États-Unis, Canada). Tandis que lundi 23 septembre, le GIEC présentera son rapport inquiétant à l’ONU sur les océans et la cryosphère.

La population d’oiseaux d’Amérique du Nord s’est effondrée d’un quart depuis 1970, estiment des chercheurs dans une étude publiée jeudi par la revue Science. Elle est signée par des chercheurs nord-américains de l’université Cornell (New York), de l’American Bird Conservancy et du Centre de recherches national de la faune du Canada. Cette étude est d’une ampleur inédite puisqu’elle couvre un continent entier sur 50 ans.

D’après leur enquête, près de 3,2 milliards d’oiseaux ont disparu. 12 familles sont particulièrement touchées par cette hécatombe : les moineaux, les merles ou encore les chardonnerets jaunes. Seule bonne nouvelle : les rapaces et les oiseaux nichant en zone humide s’en sortent bien. La population d’oies et de canards du continent, un temps menacé, a même vu sa population augmenter grâce à des mesures de protection.

Pas de cause déterminée par l’étude

L’étude ne porte d’ailleurs pas sur les causes de la disparition des oiseaux, mais leurs auteurs renvoient à la lecture d’autres travaux  qui ont prouvé l’impact de l’extension des terres agricoles. Et l’utilisation des pesticides et des insecticides qui affectent l’habitat et la source alimentaire des oiseaux. Ce constat n’est malheureusement pas propre à l’Amérique du Nord. Cette même tendance est observée ailleurs, notamment en France où 30 % des oiseaux des champs ont disparu entre 1989 et 2017. Vincent Bretagnolle considère qu’il y a une cause commune à ces différentes chutes, l’agriculture intensive :

Il y a les mêmes chiffres en Angleterre, c’est aussi 60—% en 50 ans et en France, c’est 30 % en 25 ans.

Vincent Bretagnolle alerte sur l’impact de l’agriculture intensive envers les oiseaux

Un coup de tonnerre espéré

Le rapport du GIEC qui sera présenté ce lundi 23 septembre aux décideurs portera sur l’état des océans et de la cryosphère pour la première journée de l’Assemblée générale de l’ONU à New York sur le climat. Pour les membres du GIEC, la présentation du rapport aux 195 États membres doit faire l’effet d’un coup de tonnerre.

Les océans ont bien travaillé depuis le milieu du 19e siècle, ils ont absorbé plus de 90 % de la chaleur supplémentaire générée par les gaz à effet de serre produits par l’homme. Sans eux, la planète se serait réchauffée de 10°C supplémentaires. Mais cela ne pourra pas durer. D’abord, les basses températures favorisent la dissolution dans l’eau des gaz à effet de serre, or la température moyenne de l’océan a déjà augmenté d’un demi-degré. De plus, les mers deviennent de plus en plus acides. Les coraux disparaissent et les micro-organismes, qui fixent le carbone de l’air en fabriquant leurs coquilles, n’y arrivent plus.

Une fonte des glaces irréversibles d’après le GIEC

Concernant la cryosphère, la partie glacée du globe : le permafrost, la terre gelée de la Sibérie, est en train de fondre, provoquant un dégagement de méthane, un gaz à effet de serre au potentiel de réchauffement 25 fois supérieur au CO2. Quant aux glaciers arctiques, leur fonte est devenue irréversible. Toutes ces modifications ont un impact sur le climat, sur les poissons, et 27 % de la population mondiale qui vit sur les côtes est directement concernée.

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