Denis Masseglia (CNOSF): «Les Jeux seront un formidable accélérateur de projets»

La maire de Paris, Anne Hidalgo et le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia, lors de l'attribution des JO 2024 à la ville de Paris, à Lima, le 13 septembre 2017.

La maire de Paris, Anne Hidalgo et le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia, lors de l’attribution
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JO 2024 à la ville de Paris, à Lima, le 13 septembre 2017.

AP- Les Jeux olympiques à Paris, en 2024, c’est acté. Et si l’on a fait la fête mercredi soir dans la capitale française, on a aussi célébré l’événement à Lima où se trouve la délégation française du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Son président, Denis Masseglia, réagit sur RFI.

RFI : Quelle est l’ambiance au sein de votre équipe ? L’absence de suspense n’a-t-elle pas un peu gâché la fête ?

Denis Masseglia : Pas du tout. D’abord parce que cela fait 100 ans qu’on attend cela. Donc c’est d’abord une immense satisfaction. Puis je pense que pour tous les amoureux de sport, pour tous ceux qui avaient envie que la France organise à nouveau les Jeux olympiques et paralympiques, c’est quand même quelque chose de formidable, c’est énormissime. Et même s’il n’y a pas eu le suspense qui a prévalu lors des dernières candidatures, c’est néanmoins quelque chose de formidable qui arrive. On sait que les Jeux seront d’abord un événement sportif, mais aussi un formidable accélérateur de projets. Donc on va savourer aujourd’hui et puis se mettre au travail dès demain.

A trois reprises, Paris a tenté le coup (1998-2008-2012), à trois reprises Paris a échoué. Comment aujourd’hui analysez-vous les raisons de ce succès ?

J’ai une explication qui je crois est partagée par beaucoup, à savoir que c’est la première fois que l’on a une candidature qui est initiée par le mouvement sportif. Elle a été élaborée à partir de données tout à fait tangibles. On a réuni pratiquement 200 personnes pour faire un vrai dossier, un vrai argumentaire, ce que l’on a appelé « l’étude d’opportunité ». Et puis à travers cette étude, on a montré qu’il pouvait être intéressant de candidater en sachant effectivement que le chemin serait compliqué, difficile, mais qu’on pouvait y arriver.

Je crois que ce travail-là a servi d’[élément] fédérateur à tout. C’est pour cela qu’à la fin, on s’est retrouvés chacun à sa place. Le leadership était assuré par le mouvement sportif, toutes les autorités politiques quelle que soit l’institution, que ce soit l’Etat, la région, la ville, ont été chacun dans son rôle d’un soutien sans faille et c’est ce qui a permis d’avoir une unité qui a été soulignée par tous les observateurs extérieurs. Cette unité évidemment, c’est celle qui nous a fait gagner.

On l’a vu à Athènes, on l’a vu à Londres, organiser les JO, ça coûte cher : Paris 2024, c’est près de 7 milliards d’euros de budget. Comparé aux 30 milliards d’euros de Pékin 2008, ce n’est pas énorme. Mais est-ce que ce n’est pas prendre le risque d’avoir des Jeux au rabais dans 7 ans ?

Première chose, il faut savoir que le CIO [Comité international olympique] donne à la ville organisatrice de 2024, 1,7 milliard de dollars, donc c’est déjà pas mal et cela rentre dans le budget, c’est une certitude. En plus, vous avez des recettes quasiment acquises de billetteries, de marketing qui font que ce que l’on appelle l’organisation des Jeux est entièrement payée par toutes ces recettes-là.

Il reste ce qui est à construire. Il y a à la fois le village olympique et le village des médias qui deviendront des logements plus tard. Donc c’est quelque chose qui sera « rentabilisé » par la vente des appartements en question. Puis il y a un seul équipement sportif à construire qui est le centre aquatique dont on a évidemment besoin et qui sera un des éléments de l’héritage de 2024. Donc aucune inquiétude par rapport au budget. L’avantage de Paris de 2024 étant que 95 % des équipements sont déjà existants ou temporaires, et que les infrastructures qu’elles soient des infrastructures de transports, hôtelières, aéroportuaires et autres, existent déjà. On a effectivement, et c’est ce qui nous a permis de gagner aussi, un dossier qui garantit le respect des prévisions budgétaires.

Dans le dossier de candidature, vous insistiez aussi sur les retombées positives à attendre dans le monde francophone et notamment en Afrique subsaharienne. Comment les JO peuvent-ils servir de « moteur » à l’Afrique ?

D’abord parce qu’on peut espérer aussi avoir une possibilité pour chacun de ces pays de se préparer activement. Il y a des liens naturels avec la France. Puis beaucoup de clubs en France seront prêts à accueillir, à aider à la préparation. Donc, il va falloir dès à présent penser à une forme de coopération beaucoup plus active qui permette aux meilleurs athlètes des pays africains de pouvoir s’exprimer. Puis, les Jeux c’est bien. Pour les athlètes, évidemment c’est quelque chose d’essentiel. Mais si on peut, à travers eux, faire en sorte qu’il y ait plus de places pour le sport dans la société quel que soit le pays, c’est aussi un des challenges que l’on doit se fixer, et c’est pour moi le principal d’ailleurs.

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