Kidal : Des obstacles au retour de l’administration

Sur le terrain et en interrogeant les acteurs, le retour de l’administration est loin d’être une réalité concrète

Sur le terrain et en interrogeant les acteurs, le retour de l’administration est loin d’être une réalité concrète

Bamako, AP- Annoncé à plusieurs reprises, le retour de l’administration dans la région de Kidal tarde à se concrétiser. L’espoir suscité par la mission de bons offices, la visite du gouverneur de région et des conclusions du dernier CSA est vite estompé par des nombreux d’obstacles.

Principal sujet des discussions de la 20e session du Comité de suivi de l’accord (CSA), le retour de l’Etat et de ses symboles à Kidal. Mais derrière l’enthousiasme du président du CSA, l’ambassadeur algérien, Ahmed Boutach, se cache de véritables obstacles qui ne facilitent pas le retour dans l’administration dans la 8e région.

Pourtant, selon lui,  cela devrait se faire assez rapidement et les discussions sur ce sujet devraient être parachevées dans les prochains jours. “Nous sommes très franchement dans une situation où la paix est vraiment l’élément dominant qui cristallise tous les efforts et qui obtient la plus large adhésion possible. Donc, il ne faut pas du tout être surpris si dans les tout prochains jours des événements heureux se produisent en ce qui concerne la consolidation de la coopération, de la réconciliation entre les frères maliens et chose très importante : le retour de l’Etat malien et ses symboles à Kidal”, clamait-il face à la presse.

Comment peut-on parler de retour de l’administration dans la zone alors que la question de la sécurité se pose. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants a tenté de rassurer. Selon Tiéna Coulibaly, dans un bref délai le Mécanisme opérationnel de coordination (Moc) verra le jour à Kidal et comme argument, il a cité la bonne foi de toutes les parties pour sa réussite. Et de préciser que la mise en place du Moc est la première étape du retour de l’administration.

Des raisons d’être sceptiques

Sur le terrain et en interrogeant les acteurs, le retour de l’administration est loin d’être une réalité concrète. D’abord, la CMA n’a pas jusqu’ici fourni la liste de ses éléments qui doivent intégrer le Moc. Elle refuse également de voir figurer des combattants du Gatia dans les patrouilles mixtes dans la région. Idem pour la remise du camp militaire à la Minusma. Un camp devant servir de site de regroupement des hommes du Moc.

Nos sources sont formelles : lors de son passage à Kidal, le gouverneur de région, Sidi Mohamed Ag Ichrach n’a pas eu la tâche facile. Durant tout son séjour, il était non seulement limité dans ses mouvements et a été soumis à un agenda propre aux maîtres des lieux. Pis, nos sources expliquent que le gouverneur de Kidal a été sommé de quitter la ville après trois jours.

Pour maintenir le blocus sur la ville, depuis quelques jours, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) procède au renouvèlement de ses instances. C’est une administration parallèle qui va être installée dans la région. Un bâtiment devant abriter le siège du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA) est en chantier depuis quelques semaines. Plus explicite, la jeunesse de la ville de Kidal a été mise à contribution à travers un tournoi au nom de l’Azawad.

Les promesses données à la mission de bons offices, dirigée par l’imam Mahmoud Dicko, n’ont pas été concrétisées de nos jours. Une série d’obstacles pèsent lourdement sur le retour de l’administration dans la région de Kidal.

Alpha Mahamane Cissé

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