Pannes sexuelles: Quels ascenseurs pour monter…au septième ciel ?

Onze cas de viol sur un total de 17 affaires ont été annoncé au tribunal de première instance de GagnoaAP- Les «pannes sexuelles», sont présentes dans de nombreux couples. Elles touchent aussi bien l’homme que la femme. Mais, les populations peinent à en parler. Cette situation oblige certains à se poser des questions pour savoir pourquoi, la sexualité demeure tabou au XXIe siècle ? Leral s’est intéressé à comment monter la pente des pannes sexuelles. Enquête…

 

L’ampleur des pannes sexuelles inquiètent des citoyens en relation de couple. Lesdits couples, croquant la vie à pleines dents se retrouvent de manière subite dans l’inconfort d’une panne sexuelle. Ne sachant quoi faire, ils continuent à souffrir péniblement. A défaut d’une compréhension mutuelle entre les partenaires, le mariage contracté risque de voler en éclat. D’autres, conscients de leur état d’incapacité sexuelle, perdent le contrôle de l’autorité de la maison et voit son partenaire recourir à l’adultère pour satisfaire sa libido.

« Certains, sont comme des diesels qui ne démarrent pas au quart de tour. D’autres démarrent plus facilement sans pouvoir arriver à destination. Et quelques autres ont du mal à embarquer dans l’aventure…érotique. Nous pouvons résumer de façon imagée quelques dysfonctions sexuelles allant de la difficulté à se mettre en érection aux éjaculations précoces. Tout en passant par le manque de désir », a centré El Hadj Mor Ndiaye, rencontré sur l’avenue Lamine Guèye à Dakar par l’équipe de Leral.

Sirotant tranquillement son café Touba, le vieux Ndiaye trouve que la sexualité, dont l’expérience de sa pratique s’acquiert avec le temps, n’est pas innée. « Le couple doit parler de sa sexualité pour être performant. Après chaque rapport, les partenaires doivent en discuter et faire un bilan. C’est comme ça qu’ils apprendront à corriger leurs insuffisances et à tenir compte de chacun d’eux. Il ne faut pas se tourner le dos après l’acte », a conseillé le vieux Ndiaye. L’homme doit toujours demander, dira-t-il, à sa compagne s’il a répondu à toutes ses attentes. « Malheureusement, il y a des couples qui évoluent dans le mutisme jusqu’à la ménopause, sans savoir que plus on varie les positions, plus ça suscite de l’intérêt », regrette El Hadj Mor Ndiaye.

Ainsi, le professeur Charlemagne Ouédraogo, agrégé en Gynécologie-obstétrique et spécialiste de la reproduction a abordé sur le site du congrès des gynécologues les pannes sexuelles. Il estime que l’appellation «pannes sexuelles» n’est pas médicale. Dans le jargon médical, les spécialistes parlent de façon générale chez l’homme de dysfonction érectile. Il s’agit d’une incapacité partielle ou entière pour un homme de maintenir une érection, permettant d’avoir un rapport sexuel complet.

 « Le rapport sexuel complet étant un acte sexuel qui va jusqu’à l’éjaculation. Chez la femme, on parlera de défaut de lubrification. Ce qui exprime une difficulté à l’excitation pour accomplir le cycle de la sexualité. Dans ce cas, la femme se retrouve dans une sécheresse vaginale. Ce qui va perturber les rapports sexuels».

A ces principales formes s’ajoutent, à en croire notre spécialiste, d’autres types de pannes liées à l’orgasme. Il s’agit des troubles de chaque côté pour atteindre l’orgasme, c’est-à-dire pour jouir comme on dit de façon triviale. C’est le cas de la frigidité chez la femme.

 

Le professeur Ouédraogo explique le phénomène considéré de « mystique » qui survient parfois lors des rapports sexuels. Situation à partir de laquelle, le sexe de l’homme est bloqué dans le vagin de la femme. « C’est ce qu’on observe souvent chez des animaux, tel le chien en période de rut. C’est une autre forme de panne sexuelle. On l’appelle le vaginisme. C’est la contracture réflexe des muscles qui entourent le vagin. Elle peut aller jusqu’à emprisonner le sexe de l’homme qui y reste coincer. Mais, ce phénomène qui s’explique médicalement n’a rien de mystique. Il survient lorsque les rapports sont faits dans une situation anormale, c’est-à-dire dans un contexte de stress », renseigne-t-il.

 

Causes multiformes des pannes sexuelles

Les causes des pannes sexuelles, décrypte Leral, sont multiformes. Le professeur a cité le manque de désir, l’éjaculation précoce, certains traumatismes  psychologiques ou physiques (lorsque le rapport est douloureux),  les maladies organiques (le diabète et la tension), les maladies infectieuses, la grande routine du couple. Quand la sexualité est monotone dans un foyer, elle peut entraîner une perte de l’intérêt et une baisse de la fréquence des rapports sexuels.

 

Les Mutilations génitales féminines, dont l’excision est également responsable de nombreux problèmes sexuels de la femme. «Le fait d’agresser l’organe génital, d’amputer le clitoris qui permet à la femme d’améliorer sa sexualité causent des troubles de la sexualité », prévient le docteur. Ce dernier, évoque aussi l’âge, la consommation excessive d’alcool et de tabac. Ces différents éléments, liste-t-il, peuvent également occasionner des pannes sexuelles.

 

« Plus on prend de l’âge, plus les capacités sexuelles diminuent. Et, c’est naturel. Il n’y a pas de personne qui puisse garder sa virilité indéfiniment. Quant à l’alcool à petite dose, il retarde l’éjaculation, mais consommé exagérément, c’est l’effet inverse que ça donne. La cigarette est également nocive à la santé de la reproduction aussi bien chez la femme que chez l’homme. A la longue, les fumeurs vont avoir une réduction de leurs capacités sexuelles et les pannes seront plus fréquentes chez les fumeurs chroniques », a indiqué le Professeur.

 

Le spécialiste précise que le surpoids peut ne pas être nuisible à l’acte sexuel. « Il y a des femmes qui sont obèses. Mais, elles vivent correctement leur sexualité. Par contre, il y a des femmes minces qui sont frigides. Toutefois, le surpoids est nocif à la santé en générale. Il est source de diabète, d’arthrose et d’autres problèmes métaboliques », se défend le professeur Ouédraogo.

 

« Concernant l’éjaculation précoce, fréquente chez les hommes, n’est pas une maladie. Mais plutôt un symptôme qui traduit une grande sensibilité. C’est rare de trouver un homme qui n’a jamais eu une éjaculation précoce. Ce symptôme peut se soigner à travers un bon apprentissage sexuel et une meilleure compréhension du mécanisme sexuel. On la corrige juste avec des conseils », retient-il.

 

Les ficelles d’une réussite sexuelle

Le professeur Ouédraogo déroule les petites ficelles pour réussir sa sexualité. Pour lui, il faut juste demander à la partenaire de prendre en compte certaines parties du corps très sensibles de son homme, lors des préliminaires. Il faut seulement, éviter que ces zones ne soient hyper sollicitées pendant l’acte. Et, on conseillera à l’homme également de faire du sport pour mieux maîtriser son éjaculation et son stress.

 

 « Si l’éjaculation précoce survient une seule fois, il est inutile d’y chercher des solutions. Mais, si c’est répétitif, il faut se rendre dans un centre de santé et poser le problème. C’est la conduite à tenir également si vous perdez votre érection brutalement », avertit-il.  Sous ce registre, il prévient que le manque de plaisir et d’orgasme, le défaut de lubrification, les brûlures, les déchirures doivent faire l’objet de consultation pour les femmes. « Le mieux, c’est de venir en couple pour poser le problème. Cela va permettre au praticien de mieux comprendre pour prendre en compte les préoccupations de l’un et de l’autre et donner un conseil éclairé», prescrit le Docteur.

 

Les consultations en couple sont rares dans les hôpitaux et districts sanitaires africains. Et, les aspects culturels, découvre Leral, l’expliquent bien. « Les hommes font des consultations lorsqu’ils perdent leurs capacités érectiles. Alors que les femmes, à défaut d’orgasme consultent très peu les spécialistes. Dans ce domaine l’homme viendra plus facilement voir un médecin que la femme. Cela est aussi dû à notre éducation », signale-t-il. Avant d’indiquer que la femme n’est pas éduquée pour valoriser sa sexualité à travers l’orgasme. Alors que l’homme, lui, est éduqué à mettre en exergue sa virilité. Notre contexte d’éducation a ainsi tué la sexualité de la femme.

 

Stratagèmes des malades

Certains malades n’ont pas confiance au traitement médical. Ils préfèrent recourir aux guérisseurs traditionnels. Là, ils font recours à des stratagèmes pour exposer le problème.  «Quand ces gens viennent à nous, ils ne posent pas ouvertement le problème. Ils tournent toujours en rond. Certains, vont te dire qu’ils viennent de la part d’un ami ou d’un parent qui souffre. Mais, il ne veut pas venir lui-même prendre le médicament. Comme nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, nous décelons le jeu et n’hésitons pas à leur venir en aide», témoigne un tradi-praticien, préférant garder l’anonymat. «Nous les comprenons, car la honte fait partie de nos valeurs ancestrales », explique-t-il.

 

Concernant les bouillons alimentaires pointés du doigt comme étant  la base des pannes sexuelles, le sexologue se réserve de confirmer une telle croyance : «Ce n’est pas démontrer scientifiquement », a répondu le sexologue. Et, il conseille juste de faire très attention dans le traitement des maladies, liées aux organes de la reproduction.

 

Il faut s’abstenir, conseille-t-il, d’utiliser à tout vent et les yeux fermés, les produits de l’indigénat ou ceux dits «chinois » et même les produits pharmaceutiques. « L’automédication est très dangereuse. Elle entraîne de sérieuses complications. Certains produits, dits chinois ne viennent même pas de ce pays. C’est juste des produits reconditionnés par des commerçants véreux. Et la plupart de ces médicaments contiennent des substances nocives à la santé (priapisme ou érection douloureuse qui peut conduire à une impuissance sexuelle ou à une insuffisance rénale). De même les médicaments pharmaceutiques comme le viagra, ne doivent pas être achetés directement sans consulter un agent de santé», avertit-il.

 

Sous ce registre, Leral relève les conseils du Pr Ouédraogo. Ce dernier, attire l’attention de la gent féminine sur le danger d’utiliser les produits dits «secrets». Des produits que les femmes introduisent dans le vagin comme ascenseur pour…monter au 7e ciel. « Ces produits ont été sources de nombreux problèmes de santé. Il y a des femmes qui ont vu leur sexualité arrêtée définitivement. Ces produits ont entraîné une fermeture totale du vagin. Ils laissent souvent des séquelles ou occasionne la stérilité. Actuellement, on peut faire des opérations pour réparer le vagin. Mais, cela a ses limites et c’est toujours mieux d’avoir un vagin naturel plutôt que réparé. L’original est toujours mieux que la copie», informe Docteur Ouédraogo.

 

Pr Ouédraogo observe l’existence de «sex toys », à l’image des pénis artificiels, des godemichés (phallus artificiel, servant à faire jouir) pour se procurer du plaisir. Dans ce cas, signale-t-il, le plaisir n’est pas naturel. «Un objet ne peut pas remplacer un sexe normal. Les sexes artificiels ne peuvent pas résoudre le problème. Si une personne utilise ce genre d’appareils, c’est parce qu’elle y a pris goût et y trouve son compte », conclut-il.

 

Seulement, le phénomène des pannes sexuelles détruit la vie de certains couples qui peinent à communiquer. Cette incompréhension qui peut en découler perturbe la tranquillité et la stabilité des victimes. En réalité, ces personnes exposées au risque, doivent avoir une bonne approche pour gérer cette crise sexuelle et préserver la relation de couple.

 

O W/DAKAR (AP)

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