Comment Twitter et Facebook contrent la propagande terroriste sur leur réseau

L'application Twitter Lite, lancée le 6 avril 2017.

L’application Twitter Lite, lancée le 6 avril 2017.

AP- Pour diffuser leur propagande et recruter, les groupes terroristes utilisent beaucoup internet et en particuliers les réseaux sociaux. Régulièrement Twitter et Facebook sont pointés du doigt par les autorités, notamment françaises accusés de passivité face à cette réalité. Ces plateformes internet ont décidé de riposter en communiquant.

Le réseau social Twitter vient de diffuser cette semaine un bilan chiffré de ses efforts pour lutter contre la propagande jihadiste. Un bilan très précis : entre juillet 2015 et juin 2017, Twitter assure avoir supprimé près d’un million de comptes faisant l’apologie du terrorisme. Le chiffre est communiqué au compte près : 935 897. Et ce dont Twitter se félicite particulièrement, c’est que la plupart de ces suppressions ne seraient pas le fait de demandes des autorités mais de ses propres procédures internes et du signalement d’autres internautes. Twitter précise aussi que les trois quarts de ces comptes ont été supprimés avant même d’avoir pu poster le moindre tweet.

Des ratés…

Aux Etats-Unis, pays du 1er amendement, les questions liées à la liberté d’expression sont plus sensibles qu’ailleurs et les plateformes internet cultivent chacune une vraie opacité sur leurs modes de désactivation des comptes jihadistes. Officiellement, il s’agit de ne pas donner aux terroristes les moyens de les contourner. En réalité, Twitter comme Facebook s’appuient sur des algorithmes qui ratissent très large de façon souvent imprécise. Un algorithme peut ainsi supprimer d’un coup tous les comptes ayant posté un tweet sur un hashtag, un fil de discussion qui contreviendrait aux règles, ou supprimer tous les comptes ayant posté un drapeau de l’Etat islamique sur le même mode que la désactivation automatique d’une photo de sein nu sur Facebook. Avec parfois des ratés:  des comptes de lutte contre la propagande jihadiste sont ainsi régulièrement supprimés par erreur.

Toujours présents, moins visibles

Mais, même avec les efforts de Facebook et Twitter, l’apologie du terrorisme n’a pas pour autant disparu des réseaux sociaux. Au-delà des satisfecits diffusés par les plateformes internet sous la pression des gouvernements, il faut en réalité observer les changements d’usage d’internet. Les jihadistes s’adaptent au quotidien. Les contenus terroristes sont aujourd’hui beaucoup moins présents sur Twitter et sur Facebook qu’il y a encore un an, mais cela s’explique plus par le fait que les jihadistes ont changé de support que par le perfectionnement de la lutte contre les contenus jihadistes.

Entre 2013 et 2016 Twitter comme Facebook ont largement été utilisés par le groupe Etat islamique et par al-Qaïda qui ont pu diffuser des dizaines de milliers de messages chaque jour en toute impunité. Cela leur a permis de recruter des milliers de candidats au jihad en Syrie et en Irak mais aussi de faciliter des attentats un peu partout dans le monde. Mais depuis 2016, les jihadistes sont retournés à la clandestinité. Ils communiquent davantage sur des messageries privées comme par exemple Telegram que sur Facebook ou twitter. Ils n’ont donc pas disparu d’internet, ils sont en revanche moins visibles du grand public.

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