RDC: crash d’un avion de la présidence, colère des militants UDPS

Des militants devant le siège de l’UDPS à Limete le 2 février au lendemain du décès d’Étienne Tshisekedi. (Image d’illustration)

RDC, AP- En République démocratique du Congo, un avion affrété par la présidence s’est écrasé jeudi alors qu’il faisait route vers Kinshasa. L’Antonov 72 transportait huit personnes et la voiture présidentielle. Cette annonce a provoqué la colère des militants de l’UDPS. Une cellule de crise a été mise sur pied.

Les recherches ont été suspendues hier en raison des mauvaises conditions météorologiques, c’est ce que dit la cellule de crise mise en place par le chef de l’État congolais.

Selon la présidence, l’avion transportait huit personnes – quatre membres d’équipage d’Europe de l’Est, trois des gardes du corps de Félix Tshisekedi, son chauffeur – ainsi que la voiture blindée utilisée par le chef de l’État lors de sa visite à Bukavu. Le dernier contact était hier en début d’après-midi. Depuis, les versions se multiplient sur ce qu’il est advenu de lui et de ses passagers…

Selon les premières informations recueillies par la cellule de crise, « l’incident se serait produit à 80 km du village de Pene Djoka, sur la montagne de Katumwe vers Kasese », dans la province du Maniema. Mais si l’on interroge le gouverneur du Maniema, les équipes de recherches sont toujours à pied d’œuvre pour retrouver l’avion et ses passagers. Lui-même est arrivé à Kindu aujourd’hui en provenance de Bukavu et promet de travailler toute la nuit s’il le faut pour retrouver l’Antonov 72.

L’avion serait entièrement calciné, aucun survivant. Cette information s’est répandue par des canaux officiels comme une trainée de poudre depuis la mi-journée.

Enquête lancée, Tshisekedi « affecté »

Selon le premier communiqué de la cellule de crise, c’est donc sur cette montagne-là que le signal de l’avion aurait été perdu. Les opérations de recherche ont été suspendues en raison du mauvais temps. Mais ce samedi, elles devraient reprendre et notamment par voie à aérienne. Les forces aériennes congolaises devraient cette fois bénéficier des moyens de télédétection fournis par la Monusco. Leur mission : balayer toute la zone. Une source officielle affirme qu’elle est particulièrement difficile d’accès. La cellule de crise précise que selon les premières analyses des spécialistes du domaine aéronautique, le crash serait dû aux mauvaises conditions météorologiques.

Depuis les messages de condoléances se multiplient, émanant de personnalités de la présidence, de l’UDPS et même de l’opposition en passant par l’ambassade de Russie à Kinshasa.

Le président est profondément affecté et très peiné par la tragédie, fait savoir le porte-parole de Félix Tshisekedi. Le chef de l’État congolais, que l’on sait très attaché à son chauffeur, garde encore un mince espoir, tant que l’épave de l’avion n’a pas été retrouvé. Toujours selon Kasongo Mwema Yamba Yamba, Félix Tshisekedi a exigé une inspection régulière de tous les vieux appareils en circulation. Les enquêtes sont en cours et les responsabilités seront dégagées, promet la présidence, en guise de quasi-réponse aux combattants de l’UDPS qui manifestaient hier.

Appel au calme des responsables de l’UDPS

Car l’information a fait monter le ton à Limete, fief de l’UDPS, le parti du chef de l’État. Les militants, qui ont monté des barricades dans le quartier, sont en effet persuadés que ce crash est le résultat d’une attaque, qu’ils imputent immédiatement à l’ancien président Joseph Kabila. « On ne veut plus de cette coalition Cach/FCC et des plans macabres de Kabila », préviennent désormais les partisans du président.

Sur place, à Limete, on retrouve ce vendredi les différents groupes de la ligue des jeunes ainsi que des motards de l’UDPS. Ils brûlent de temps à autre des pneus, sous le regard médusé de la police. Il y a quelques tirs de gaz lacrymogènes.

Jean-Marc Kabund, président du parti et vice-président de l’Assemblée nationale, a été appelé pour calmer les esprits. Depuis l’estrade du siège de l’UDPS, à l’aide d’un haut-parleur, il s’est dit très déçu, comparant ces militants à ceux de Lamuka, la plate-forme de l’opposant Martin Fayulu, évoquant des d’infiltrés qui chercheraient à semer le désordre.

Le « général » Kabund, comme le surnomment les combattants, a tenu à rappeler que le président Tshisekedi a besoin de la majorité au Parlement pour faire passer ses réformes et cette majorité, elle est entre les mains de Joseph Kabila. Il a enfin évoqué la boîte noire de l’appareil et l’enquête qui est déjà en cours. Jean-Marc Kabund et le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, disent avoir été envoyés par le chef de l’État, qui appelle ses partisans à faire preuve de patience.

Des centaines de combattants UDPS sont restés toute la journée sur le boulevard Lumumba à manifester pour réclamer la fin de la coalition entre Cach et le FCC

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