Canada: une campagne législative sous tension et haute sécurité

Justin Trudeau portait un gilet pare-balles, samedi 12 octobre 2019, dont les lignes se dessinaient sous ses vêtements. Mississauga, Ontario.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé dimanche 13 octobre qu’il poursuivrait sa campagne électorale sans rien changer, après avoir été contraint de porter la veille un gilet pare-balles en raison de « menaces » pour sa sécurité.

Des policiers au visage fermé, portant sans doute des armes dans leur sac à dos. On ne voit pas ça d’ordinaire dans l’entourage du Premier ministre canadien en campagne, commente notre correspondante à Montéal, Pascale Guéricolas.

Samedi soir, lors d’un rassemblement auquel assistaient 2 000 personnes, Justin Trudeau a pourtant accepté d’être entouré de plusieurs hommes spécialement formés pour prévenir toute attaque armée. Il portait alors une protection.

Il est apparu avec plus d’une heure et demi de retard à ce meeting à Mississauga, ville en banlieue de Toronto (Ontario), où près de 2 000 partisans l’attendaient. Des sources policières citées par la chaîne publique CBC indiquent n’avoir jamais vu un dirigeant canadien porter un gilet pare-balles.

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Le chef du Parti libéral aurait fait l’objet de menaces, ces derniers jours. Sans rentrer davantage dans les détails, M. Trudeau a reconnu qu’il avait suivi les conseils donnés par les services de sécurité qui le suivent. Dimanche, cependant, il ne portait plus de protection.

Interrogé sur le sujet, en marge d’un événement de campagne à Toronto, dans l’Ontario, le Premier ministre sortant a fait remarquer dimanche que la campagne actuelle mettait en lumière une polarisation du discours politique. « Cela ne changera pas le reste de ma campagne », a assuré Justin Trudeau.

Et de pointer du doigt son rival conservateur Andrew Scheer, l’accusant de mener une politique de peur et de désinformation. « Les conservateurs pensent que s’en prendre à moi et mentir aux Canadiens est la seule façon pour eux de remporter l’élection », a accusé le leader libéral.

De son côté, la police observe une montée de propos haineux sur les réseaux sociaux à l’endroit des chefs de partis. « Des menaces de violences envers des leaders politiques n’ont pas leur place dans notre démocratie », a assuré samedi soir sur Twitter le candidat conservateur, Andrew Scheer.

Samedi, Justin Trudeau a tout de même prononcé son discours sans incident, avant de prendre un bain de foule puis de quitter la salle. En revanche, son épouse Sophie Grégoire-Trudeau, qui devait le précéder sur scène, n’a finalement en pas prononcé de discours.

Le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD, gauche), Jagmeet Singh, a qualifié, dans un tweet, la situation de « préoccupante ». La gendarmerie royale du Canada (police fédérale) surveille quotidiennement les messages haineux, de crainte que leurs auteurs ne passent à l’acte, selon des sources citées par CBC.

Il ne reste plus qu’une semaine aux candidats canadiens pour convaincre les électeurs canadiens. Les élections pour élire le prochain gouvernement auront lieu lundi prochain. Les bains de foule vont peut-être devenir plus rares.

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