La Tunisie, trait d’union économique entre l’Europe et l’Afrique?

 Lors des rendez-vous B2B, pendant les Rencontres Africa 2017, le 5 octobre 2017 à Tunis. Rencontres Africa

Lors des rendez-vous B2B, pendant les Rencontres Africa 2017, le 5 octobre 2017 à Tunis. Rencontres Africa

Tunis, AP- Les Rencontres Africa 2017 se déroulent cette année sur trois sites : Nairobi, Abidjan et Tunis. En Tunisie, des centaines d’entrepreneurs français et africains sont venus parler coopération, partenariats et investissements. Le pays d’Afrique du Nord se rêve en forme de trait d’union entre l’Europe et l’Afrique. Qu’en est-il vraiment ?

Dans le hall de l’hôtel qui accueille les centaines de participants aux Rencontres Africa, Mohammed Bruni est sûr de lui. Banquier tunisien depuis 20 ans, aux contacts des investisseurs étrangers, il sait de quoi il en retourne : « la Tunisie n’est pas loin de l’Europe, on a la culture de l’Europe, dit-il. C’est vrai, c’est facile d’investir en Tunisie pour être un trait d’union avec l’Afrique. On connaît bien les habitudes des Africains ».

Pourtant, selon Radhi Meddeb, grand patron tunisien qui fait 90 % de son chiffre d’affaires dans 30 pays d’Afrique, la Tunisie n’est rien d’un trait d’union. « La Tunisie n’a pas attendu la France pour partir à la conquête des marchés africains. On ne peut plus aujourd’hui considérer l’Afrique comme un marché. Ces pays sont demandeurs de plus d’efforts pour produire mieux. Ensemble, nous pourrions viser le monde. » Et de citer l’exemple allemand qui représente selon lui l’avenir du Maghreb : « aujourd’hui, en Tunisie, il y a plus de 2 300 entreprises allemandes qui viennent produire des éléments qui sont ensuite intégrés dans des productions finales en Allemagne. Et ceci permet à l’Allemagne d’être premier pays exportateur dans le monde au même niveau que la Chine. »

Le Maghreb, une grande zone industrielle « d’ici dix ans »

Jean-Louis Guigou, président de l’Institut de prospective du monde méditerranéen, partage cet avis. Il affirme que « les entreprises européennes maintenant ne veulent plus aller trop loin. Elles veulent contrôler leurs chaînes de valeurs, contrôler la qualité. Et de ce fait, elles mettent un pied au Nord, un pied au Sud ». Puis, il ajoute que « le Maghreb, de l’Égypte au Maroc, va être une grande zone industrielle dans dix ans. Ils ont une population hautement qualifiée. Ils ont cette joie, comme la France en 1950, ils en veulent. », analyse-t-il.

Des perspectives encourageantes pour la Tunisie qui ne doivent pourtant pas nier une réalité locale difficile. Le taux de chômage est à 20 % et l’économie en berne. « Je ne vous cache pas, la majorité des entreprises tunisiennes, surtout dans le numérique, travaille pour l’export. Puisqu’ici ça ne bouge pas, il faut aller voir ailleurs », explique Ali, dirigeant d’une entreprise de conseils en numérique. « C’est aussi un problème de change : par exemple, en 2010, un euro c’était 1,700 dinar et aujourd’hui c’est trois dinars. Et ça va encore augmenter. »

Le FMI prévoit en effet un taux d’un euro pour 3,3 dinars au printemps prochain.

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