Turquie: selon HRW, en prison, les actes de torture et de sévices sont «répandus»

Policiers anti-émeute turcs lors d'une intervention contre des manifestants kurdes à Mus, le 16 décembre 2009.

Policiers anti-émeute turcs lors d’une intervention contre des manifestants kurdes à Mus, le 16 décembre 2009.

AP- Des personnes accusées en Turquie d’avoir des liens avec le terrorisme ou avec la tentative de coup d’Etat militaire de 2016 ont été torturées alors qu’elles étaient sous la garde de la police. D’autres ont été enlevées, dans un contexte où se multiplient les preuves que des abus sont commis contre les détenus, a déclaré Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié le 12 octobre.

Pour Hugh Williamson, le directeur Europe de Human Rights Watch, « ce rapport donne malheureusement une vraie image de la réalité. Nous avons passé des mois à documenter un nombre de cas très sèrieux de gens torturé par la police il s’agit de personnes accusées de terrorisme ou d’avoir participé au coup d’etat militaire, elles ont été battues, agressées sexuellement ou déshabillées et menacées. »

« On se retrouve dans une situation qui ressemble  à ce qui se passait à la fin  les années 90, poursuit M. Williamson. On a été très prudent on ne présente que des cas indiscutables. On a onze cas pour lesquelles il y a des peuves de torture et cinq cas d’enlèvement dans la rue, nous avons peur qu’il y ait de nombreux autres cas de ce type. »

Les personnes les plus exposées au risque de torture, continue l’ONG dans ce rapport intitulé « En garde à vue : tortures policières et enlèvements en Turquie », sont donc celles qui sont accusées de liens avec le putsch manqué ou avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux. Les autorités turques accusent le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, d’avoir ourdi la tentative de coup d’Etat, ce que l’intéressé nie. Depuis juillet 2016, quelque 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 140 000 limogées ou suspendues.

Le gouvernement turc a à plusieurs reprises démenti les accusations de mauvais traitements. En septembre 2017, le ministre de la Justice, Abülhamit Gül, a ainsi affirmé qu’Ankara avait une « tolérance zéro » pour la torture.

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