Les Hongrois manifestent contre la visite d’Erdogan

Quelque 3000 personnes ont défilé contre la venue du président turc Recep Tayyip Erdogan à Budapest, le 7 novembre 2019.

AP- Le président turc était en visite officielle jeudi 7 novembre à Budapest. Il a été reçu par son ami, le Premier ministre Viktor Orban, qui lui a déroulé le tapis rouge. Près de 3 000 personnes sont descendues dans la rue à l’appel d’une quinzaine d’associations hongroises.

« Erdogan et Orban, tous les deux à la poubelle. » C’est avec ces slogans que les Hongrois ont protesté contre la venue du président turc à Budapest, rapporte notre correspondante Florence La Bruyère.

Ils ont voulu protester contre l’accueil en grande pompe réservé au président turc et pour témoigner leur solidarité au peuple kurde que Recep Tayip Erdogan tente de faire disparaître, selon les manifestants. Venus d’Autriche, une trentaine de réfugiés kurdes étaient présents, au côté d’activistes autrichiens.

Cette visite suit de quelques semaines l’offensive de la Turquie contre les Kurdes en Syrie. Une offensive saluée par le gouvernement de Viktor Orban.

Ce qui révolte Anna, bibliothécaire à la retraite. « Notre Premier ministre s’affiche avec un dictateur, un assassin », lance-t-elle.

Accompagnée de sa fille et de ses petits-enfants, Erna est venue montrer sa solidarité avec le peuple kurde. « J’ai honte de vivre ici, dit-elle. Mais il faut manifester, pour montrer aux dictateurs qu’ils ne sont pas seuls au monde. »

Pour Marton, jeune père de famille et musicien, le Premier ministre hongrois et le président turc sont des nationalistes. Mais ils ont aussi d’autres points communs : « Erdogan et Orban, la seule chose qui les intéresse à mon avis, c’est s’enrichir personnellement, et bâtir une bourgeoisie qui les soutienne. »

Erdogan menace « d’ouvrir les portes »

À Budapest, le président turc a de nouveau menacé l’Europe du péril migratoire. « Avec ou sans soutien, nous allons continuer à accueillir nos hôtes, mais seulement jusqu’à un certain point (…) Si nous constatons que cela ne fonctionne pas, nous n’aurons pas d’autre choix que d’ouvrir les portes » vers l’Europe, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

La menace vient à point nommé pour Viktor Orban. Elle va permettre à son parti, qui a perdu des points aux élections municipales, de relancer sa rhétorique anti-migrants. « Sans la Turquie, l’UE ne peut gérer la question migratoire », a insisté le dirigeant nationaliste.

La visite du président turc est intervenue une semaine après un déplacement à Budapest du Russe Vladimir Poutine, alimentant les critiques sur l’inclination de Viktor Orban pour les pouvoirs autoritaires.

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