Présumés jihadistes retrouvés morts en Libye: l’ONU veut une enquête

Un membre de l'armée libyenne durant des affrontements avec des islamistes à Benghazi le 17 juillet 2017. (Photo d'illustration)

Un membre de l’armée libyenne durant des affrontements avec des islamistes à Benghazi le 17 juillet 2017. (Photo d’illustration)

Tripoli, AP- En Libye, après la découverte des corps de 36 personnes sur un terrain vague près de Benghazi, à l’est du pays, la mission des Nations unies pour la Libye a condamné dimanche 30 octobre, avec la plus grande fermeté, ce crime qu’elle a qualifié « d’odieux », appelant à l’ouverture d’une enquête immédiate afin de traduire leurs auteurs en justice. Retour sur les détails de ces exécutions.

Ce sont les corps de 36 personnes qui ont été découverts jeudi 26 octobre dans une zone située à 70 km de Benghazi, à l’est de la Libye, une zone contrôlée par les hommes du maréchal Khalifa Haftar. Les corps des présumés jihadistes ont été retrouvés sur un terrain vague, mains ligotées et portant des traces de tortures. Ils avaient été exécutés d’une balle dans la tête. Dix-neuf parmi eux sont des étrangers.

Mais la vidéo qui a le plus horrifié les Libyens est celle d’une personne qui apparaît en train de frapper les corps sans vies à l’aide d’un bâton. Certains avaient été enlevés devant des mosquées mais certains autres sont de la société civile. C’est le cas d’un infirmier à l’hôpital de Benghazi, qui avait disparu il y a quelques mois.

Un acte « horrible » pour Tripoli

Les islamistes accusent les forces de Khalifa Haftar d’avoir commis ce crime. Certains sont déjà apparus dans des vidéos les montrant en train de suivre des interrogatoires de l’armée libyenne dirigée par Haftar. Des personnalités à l’Est évoquent l’agissement de certains officiers de cette armée et demandent au maréchal de les exclure. Khalifa Haftar avait déjà annoncé l’ouverture d’une enquête. Tripoli annonce à son tour l’ouverture d’une enquête et dénonce cet acte qu’elle qualifie d’« horrible ».

Des membres de l’armée nationale libyenne (ANL) sont accusés d’exécution sommaire de jihadistes en état d’arrestation. Un mandat d’arrêt de la CPI vise un commandant salafiste des forces spéciales de l’ANL, Mahmoud Werfalli. Mais les exécutions sommaires et extra-judiciaires sont monnaie courante en Libye depuis la chute de Kadhafi. L’été dernier, 70 hommes de l’armée de Haftar ont été délibérément exécutés par les islamistes au sud du pays.

Les ONG des droits de l’homme en Libye tout comme la société civile ont également condamné fermement et en série depuis vendredi ce crime.

Nous avons constaté qu’il y a un aspect terroriste dans l’atrocité de ces actes qui contenaient aussi des traitements indignes par rapport aux dépouilles mortelles de ces gens qui ont été assassinés d’une manière grotesque.

Walid Al Hodeiri de l’association libyenne des droits de l’homme

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