Soudan du Sud: au camp de Bentiu, les anciens combattants racontent le conflit

Vue aérienne d’une partie de Juba, la capitale du Soudan du Sud.

Juba, AP- Le Soudan du Sud est toujours dans l’attente de la paix. La formation d’un gouvernement d’union a été repoussée à février. En attendant, l’application de l’accord se poursuit, mais avec beaucoup de retard, comme le cantonnement des combattants actifs. D’autres ont abandonné la lutte armée en cours. RFI en a rencontré dans le camp de déplacés de Bentiu, dans le nord du pays.

Galuak Kash installe son stand à l’intérieur du camp, pour y vendre bonbons, mouchoirs et autres. Une sorte de reconversion pour cet ancien combattant de seulement 19 ans, engagé dans les troupes rebelles du SPLM-IO il y a cinq ans.

« Quand le gouvernement a pris le contrôle de ma ville, le bétail a été pillé et on a dû fuir. J’étais avec d’autres jeunes et on a décidé de rejoindre les rebelles. La guerre était tribale. Les Dinkas attaquaient notre communauté donc j’ai rejoint l’opposition pour défendre les Nuers. Un jour on était à l’entraînement, mais l’armée nous a attaqués et le camp a été détruit. On a perdu espoir et on a abandonné le groupe pour rejoindre le Soudan. »

Dans un autre district du camp, un jeune est assis sur une chaise l’air pensif. Duop Kaï a 20 ans. Si lui aussi a quitté les rangs rebelles, il ne cache pas non plus le caractère ethnique de son engagement.

« Je me suis porté volontaire. Je devais rester avec mon clan, en tant que jeune j’étais fier d’être avec ma communauté. J’ai rejoint l’opposition, mais quand le gouvernement a reconquis Bentiu j’ai quitté le groupe. La nuit, je fais des cauchemars. Je revois les cadavres de la guerre, je crie et je me réveille en sursaut. Les souvenirs vous reviennent en mémoire et vous revivez la chose. Aujourd’hui la transition a été prolongée de 100 jours. Mais on attend de voir ce que ça va donner. Je pense qu’il y a 50% de chances qu’on retombe dans la guerre. »

Duop Kaï explique qu’il ne reprendra les armes qu’en dernier recours. Une déclaration inquiétante alors que l’accord de paix menace de s’écrouler si un gouvernement d’union n’est pas nommé en février.

La nuit, je fais des cauchemars. Je revois les cadavres de la guerre, je crie et je me réveille en sursaut. Les souvenirs vous reviennent en mémoire et vous revivez la chose.

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