Élections présidentielle et législatives en Namibie: un pouvoir contesté

Le président namibien Hage Geingob à la 72e assemblée générale des Nations unies, à New York le 20 septembre 2017.

AP- 1,5 million d’électeurs sont appelés aux urnes pour ces élections législatives et présidentielles. Sans surprise, le président en exercice Hage Geingob devrait être réélu pour un second mandat de cinq ans.

Depuis l’indépendance du pays, il y a 30 ans, son parti, la Swapo, a remporté toutes les élections haut la main. Aux dernières élections, Hage Geingob avait remporté le scrutin avec 87% des voix et son parti la Swapo avec 80% des suffrages pour les législatives.

Mais l’hégémonie du parti au pouvoir commence à s’effriter à mesure que la frustration monte dans le pays. Malgré ces importantes ressources naturelles, diamants et uranium, et après des années de forte croissance, la Namibie connaît un ralentissement économique prononcé depuis trois ans. En panne aujourd’hui : les principaux piliers de son dynamisme : le secteur minier qui subit la chute des cours et le secteur agricole, la sécheresse qui a frappé ses dernières années l’Afrique australe ne l’ayant pas épargnée.

Corruption

Pour compenser les contre-performances des mines et de l’agriculture, le pays peut compter sur le tourisme, qui connaît une croissance régulière. Tout récemment, le magazine de voyage Geo a classé la Namibie parmi les dix plus beaux pays du monde. Le pays va peut-être voir le bout du tunnel : le Fonds monétaire international prévoit une reprise progressive dès cette année. La relance serait soutenue, entre autres, par une forte production minière et un rebond des activités de construction, ainsi que de meilleures conditions agraires.

Les défis économiques restent tout de même considérables et le taux de chômage frôle les 30% selon le FMI. En dépit d’atouts importants, l’économie de la Namibie traverse une phase de vulnérabilité et sa vitalité reste encore très liée à l’économie de l’Afrique du Sud, elle aussi en crise ces dernières années.

« Le pays est touché par une crise économique et pour de nombreux Namibiens, Hage Geingob est associé avec le déclin économique et non la prospérité, analyse Henning Melber, politologue à l’université de Pretoria en Afrique du Sud. Ensuite la corruption et le détournement d’argent sont en hausse, malgré les promesses du gouvernement de lutter contre la corruption. Le dernier scandale a éclaté il y a tout juste quelques jours. Un énorme contrat illégal entre deux ministres et une société de pêche islandaise. Cela n’a fait que renforcer les accusations déjà existantes que l’administration de Geingob ne fait rien pour lutter contre la corruption. »

Une opposition balbutiante

Autant de raisons qui expliquent que pour la première fois, on s’attend à un léger recul du parti au pouvoir et notamment de son président. C’est la première élection depuis l’indépendance où il va y avoir un peu de suspens, estime encore le politologue. « Son premier mandat a été décevant. Il avait promis d’être le président de la prospérité, qu’il éradiquerait la pauvreté dans les sept prochaines années. Mais depuis qu’il est en poste, il y a cinq ans, le niveau de pauvreté est resté le même, voire a augmenté ; de même que le chômage. »

Face à la Swapo, l’opposition est morcellée en une quinzaine de petites formations et sans programme. Cette fois-ci, une réelle menace pourrait venir d’un membre du parti au pouvoir qui se présente comme candidat indépendant. Même s’il chasse parmi les électeurs de la Swapo, estiment les experts, au mieux, il ne peut qu’espérer faire reculer de peu le score du parti de libération.

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