RCA: violences à Bangui après l’explosion d’une grenade au PK5

Photo d'illustration. Le quartier PK5 à Bangui, un quartier à majorité musulmane.

Photo d’illustration. Le quartier PK5 à Bangui, un quartier à majorité musulmane.

Bangui, AP- Nouvelles tensions à Bangui après l’explosion d’une grenade dans un bar de la capitale. La journée de dimanche a été secouée par divers incidents. Le bilan est d’au moins huit morts et une vingtaine de blessés.

C’était censé être un concert prêchant la paix et la réconciliation dans ce bar dancing à la frontière du PK5, le quartier musulman de la capitale, et le quartier voisin de Miskine.

Ces deux quartiers rivaux, où se sont déroulés les plus violents combats entre communautés depuis le début de la crise, avaient enterré la hache de guerre depuis plusieurs mois. La tension était retombée.

D’ailleurs, le concert du chanteur Ozaguin se voulait exemple de réconciliation. Mais vers 19h, samedi soir 11 novembre, alors que la fête bat son plein, l’explosion de la grenade sème la panique. Plusieurs personnes sont tuées et une vingtaine d’autres blessées.

Symphorien Issiakou, le patron du Carrefour de la paix raconte : «  En plein live, c’est à ce moment que des personnes inconnues à moto on jeté une grenade au milieu de la foule qui a explosé et ça a fait des blessés  ».

Représailles

La crainte d’une reprise des violences communautaires était dans toutes les têtes dimanche à Bangui. Chacun se rappelant que la crise de septembre 2015 avait démarré dans des conditions similaires et  avait abouti à la mort de plus de 70 personnes.

Toute la nuit d’ailleurs, des tensions ont eu lieu entre les quartiers et ce dimanche matin, l’imam de la mosquée Ali Babolo a récupéré les corps de trois musulmans qui ont été tués, sûrement en représailles, à l’explosion de cette grenade.

Dans la matinée, dimanche, les tensions étaient palpables dans cette partie de la ville et des tirs sporadiques se faisaient entendre.

Les rumeurs allaient bon train dans la capitale centrafricaine et certains membres des anti-balaka n’hésitaient pas à encourager les populations des quartiers chrétiens à fuir. Sans résultats.

Henri Wanzet, le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur les lieux de l’explosion : « C’est les ennemis de la paix qui ont poussé les gens, en sachant que si on dit « il va y a voir des représailles du côté de la communauté musulmane », ça va pousser la communauté musulmane à agir et à faire du désordre. Et si on dit représailles du côté chrétien, ça va pousser aussi. Donc, nous avons bien compris ce jeu ».

Le ministère a déployé ses forces de sécurité dans cette zone et est appuyé par la force de police de la Minusca afin de tenter de contenir les représailles. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de ce drame. Si les enquêteurs n’écartent aucune piste, c’est celle du différend personnel qui serait privilégiée, bien plus que celle d’un retour du conflit communautaire, estime une source policière.

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