Université des Comores : Toujours dans le gouffre

Bureau du Syndicat des enseignants superieurs devant la presse. Au milieux le Secretaire General Abdou Said Mouignidaha
(c) Crédit Photo -Hayatte Abdou

Les Comores, AP- Le syndicat des enseignants supérieurs de l’université des Comores (sneuc) menace de déclencher une grève illimitée jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications. Le ministère de l’enseignement supérieur a « pris acte », mais ce dit « choqué par cette prise de position, pendant que des négociations sont en cours ».

 C’est à coup de point de presse que le Ministère de l’enseignement supérieur et le syndicat des enseignants supérieur de l’Université des Comores (udc) communiquent.

Deux ans depuis que l’Université des Comores est en souffrance et ses enseignants en perpétuelles grèves.

Deux ans depuis que l’institution de l’enseignement supérieur n’est pas dirigée par président élu comme le veut la loi portant statut de création de l’Université des Comores promulguée en 2014.

Abdullah Ben Saïd l’actuel locataire de la présidence de l’institution est nommé par le président de l’Union des Comores Azali Assoumani  après démission de l’ancien président de l’udc Said Bourhani. L’objectif étant de de rehausser le niveau économique et de mettre de l’ordre dans l’institution. Mais jusqu’aujourd’hui, aucun des objectifs fixés n’a été atteint.

Le Syndicat des Enseignants Supérieur de l’Université des Comores (sneuc)  lève la voix et réclame que des élections indépendantes soient organisées à l’université pour choisir et le président et les chefs des composantes comme le veut la loi. Il sollicite  que les avancements de salaire faits depuis 2018 soient appliqués à tout le corps travailleur de l’institution. Il demande  que l’institution soit sortie dans le gouffre financière qu’elle se trouve depuis plus de deux ans.

Le 5 et 9 novembre deux assemblés généraux ont eu lieux.  Le 25 octobre  les décisions prises suite à ces assemblés ont été envoyées en haut lieux pour être étudier afin de trouver un issu  favorable aux revendications des enseignants. Un mois après, selon le secrétaire générale du syndicat Abdou Said Mougnidaho, « aucune proposition n’a été faite par le ministère de l’enseignement supérieur ».

Suite au silence que fait preuve les autorités compétentes, le syndicat des enseignants supérieurs a décidé  d’entamer « une grevé  illimitée dès ce 29 novembre jusqu’à ce que nos revendication soient totalement satisfaites » a affirmé le secrétaire général.

Le dos au mur

Contacter par Afrique Presse le président de l’université des Comores n’a pas souhaité réagir.

Ministre de l’Enseignement Superieur Moindjié Mohamed Moussa
(c) Crédit Photo- Charaane Mohamed

En point de presse, le ministre de l’enseignement supérieur Moindjié Mohamed Moussa déclare avoir « pris acte de la décision prise par le syndicat ».

Toutefois, il n’a jamais su que les discussions entamées depuis trois jours ont été interrompus. Il a tenu à clarifier la situation concernant les revendications du sneuc.

Pour lui, arrêter les cours par ce que l’udc n’a pas un président élu, « n’est pas une raison suffisante ». Il affirme que « université des Comores est la propriété du gouvernement, il peut en disposer comme il le souhaite. Président élu, ou pas, c’est au gouvernement de décider. Sans oublier que nous sommes dans une situation exceptionnelle. Après tout, c’est le gouvernement qui a fait la loi. Il a le droit dans une situation exceptionnelle de prendre des mesure exceptionnelles », martèle-t-il.

Concernant les avancements de salaires, pour Moindjié Mohamed Moussa, « ce n’est pas le moment de faire des réclamations vue la situation calamiteuse économique que l’Université des Comores se trouve ». Quant aux deux mois d’arriérés de salaire, le ministre a certifié à la date d’aujourd’hui, « il ne reste qu’un mois ».

Pour sortir l’udc dans cette situation économique étouffante, le ministre de l’enseignement supérieur a affirmé avoir proposé au syndicat des enseignants supérieurs de  réunir les enseignants chercheurs du domaine de l’économie pour travailler ensemble et trouver des solutions. Une proposition qui aurait été « acceptée par les enseignants ». L’incompréhension du ministre face à la situation est totale. Il se dit avoir été choqué par la décision du syndicat.

Hayatte Abdou

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