Le coup d’état au Zimbabwe est le plus pacifique du monde : Le général Constantino Chiwenga, un cas d’école ?

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe à Harare, le 29 avril 2015.

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe à Harare, le 29 avril 2015.

Harare, AP- L’armée Zimbabwéenne vient de donner une leçon de géopolitique aux armées africaines en perpétrant le coup d’état le plus civilisé du monde. Elle a déposé le plus vieux président d’Afrique, Robert Mugabe, 93 ans dont 37 passés au pouvoir, non seulement  sans effusion de sang, mais aussi et surtout en remettant le pouvoir aux civils. Par ce geste, le Général Constantino Chiwenga et ses frères d’armes semblent envoyer un signal aux autres armées africaines, celui de dire que la place des militaires est la caserne et non le pouvoir.

En Afrique, il est très rare de voir les militaires perpétrer un coup d’Etat sans effusion de sang et rendre le pouvoir aux hommes politiques sans contrepartie. En effet, ce qui s’est passé le 15 novembre 2017 au Zimbabwe, n’a d’autre appellation qu’un coup d’état, même si ses auteurs affirment n’avoir fait qu’une purge dans l’entourage du Président Mugabe.  Ce qui est un cas d’école, c’est la méthode utilisée pour obtenir du vieux Bob une démission en  douceur. Ils l’ont contraint par les moyens pacifiques à rendre le tablier. Ailleurs, il laisserait sa peau ou il fuirait. Pour rappel, tout est parti du limogeage de son vice-président Emmerson Mnangagwa surnommé  le “crocodile”, 75 ans, compagnon de lutte de Robert Mugabe, ancien ministre de la Sécurité. Depuis son accession à la vice-présidence  de la ZANU-PF, il faisait figure de dauphin naturel de son camarade Bob. C’est certainement son limogeage au profit de la Première dame Grace Mugabe qui a fait intervenir l’armée. Il assurera la transition jusqu’à l’organisation des élections. Par cet élégant coup d’Etat, l’armée zimbabwéenne a prouvé à la face du monde que le rôle des forces armées et de défense est de maintenir l’ordre, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, de veiller sur la préservation de l’intégrité du territoire et non de vouloir descendre dans l’arène politique.

Comparaison n’étant pas raison, imaginez un seul instant le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses frères d’armes, après le  putsch du 22 mars 2012, réunir l’ensemble des forces vives de la nation  pour leur expliquer les bien fondés de leur acte, convenir d’un schéma de sortir de crise et leur rendre le pouvoir. Ils auraient aujourd’hui écrit l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire contemporaine du Mali. Ils seraient les héros de la nouvelle génération. Mais au lieu de cela, manipulés par des hommes politiques en mal de popularité, assoiffés du pouvoir et d’argent, sans formation politique, ils se sont adonnés à des pillages et à une course effrénée vers la richesse. Conséquences des abus et des violations des droits de l’homme, parce que tout pouvoir absolu corrompt absolument. Ils sont en prison et ceux qui les soutenaient dans cette absurdité continuent avec le prince du jour.

Youssouf Sissoko

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