Zimbabwe: l’ancien ministre des Finances Chombo dans le collimateur

Ignatius Chombo (au centre), le 25 novembre 2017.

Ignatius Chombo (au centre), le 25 novembre 2017.

Harare, AP- Au Zimbabwe, l’ancien ministre des Finances sous le régime Mugabe a comparu samedi 25 novembre devant la justice. C’était la première apparition publique d’Ignatus Chombo depuis son arrestation il y a 2 semaines. L’ex-ministre des Finances a été interpellé dans les heures qui ont suivi le coup de force de l’armée au Zimbabwe. Un proche de Grace Mugabe, l’épouse de l’ex-président, Chombo comparaissait pour corruption et abus de pouvoir.

Les faits reprochés à Ignatus Chombo datent de l’époque où il était ministre du gouvernement local. Il est poursuivi pour fraude, abus de pouvoir et corruption. Pour les Zimbabwéens, il est le symbole même de la corruption de l’ancien régime.

Ministre du gouvernement local, de l’Intérieur, puis récemment des Finances, des postes qui lui auraient permis de détourner d’importantes sommes d’argent.

Proche de Grace Mugabe, Chombo a été parmi les premiers à être arrêté tout de suite après l’intervention de l’armée, qui a résulté en la démission de Robert Mugabe.

Il a ensuite été expulsé du parti au pouvoir la Zanu-PF il y a quelques jours.

Samedi matin, il a été présenté au juge, et selon son avocat, il aurait été maltraité lors de sa détention.

Certains Zimbabwéens voient en cette première comparution un début de justice,  mais d’autres estiment qu’il ne s’agit que d’une revanche de la faction d’Emmerson  Munangagwa contre les proches de Grace Mugabe.

Pour le député Temba Mliswa, le nouveau président Mnangagwa doit rapidement s’attaquer à la corruption s’il veut reconstruire le pays : « La première chose est de dire à ceux qui ont commis des crimes et accumulé des richesses en pillant l’argent de l’Etat qu’ils seront amnistiés s’ils rendent cet argent. Il faudrait par exemple leur donner 30 jours, après quoi ils seront poursuivis. La justice doit faire son travail, même vis-à-vis de l’ex-première dame. Elle est corrompue. Elle a amassé tellement d’argent dont elle ne peut pas justifier la provenance. Elle doit tout rendre. Cela servirait d’avertissement à tous les leaders qu’ils ne peuvent pas prendre le pouvoir, piller et se dire que les gens vont leur pardonner parce qu’ils ont lutté pour l’indépendance. Nous devons être intransigeants envers la corruption.  C’est la seule façon de regagner une certaine crédibilité. Nous ne pouvons pas avoir des ministres qui sont riches juste parce qu’ils sont ministres. »


■ La Justice zimbabwéenne version Mnangagwa inquiète les organisations internationales de défense des droits de l’homme

Le coup de force des militaires qui a conduit à la démission de Robert Mugabe il y a quelques jours est légal. Ainsi en a décidé un juge de la Haute Cour zimbabwéenne. « Les actes des Forces de défense zimbabwéennes visant à empêcher les proches de l’ancien président Robert Mugabe d’usurper le pouvoir sont constitutionnels », conclut le jugement. Autre décision de justice, celle qui annule le limogeage par l’ex-président Mugabe de son vice-président d’alors Emmerson Mnangagwa au début du mois. Limogeage qui a enclenché tout le processus. Si on ajoute la comparution d’Ignatius Chombo aujourd’hui, la justice zimbabwéenne version Mnangagwa inquiète sérieusement les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

« C’est une décision de la Haute Cour très étrange, témoigne Dewa Mavhinga, responsable régional de Human Rights Watch. Etrange au sens où le requérant et le sujet traité sont d’une importance telle qu’il s’agit de choses qui auraient dû être discutées devant la Cour constitutionnelle, devant l’ensemble des juges de la Cour constitutionnelle du Zimbabwe, parce que, si cette décision n’est pas contestée, elle instaure un très mauvais précédent au Zimbabwe, c’est-à-dire qu’elle permet à l’armée d’intervenir dans les affaires civiles et politiques. Constitutionnellement  parce qu’il y a un débat sur le fait que dans la Constitution il y a une clause qui permettrait de justifier une intervention militaire. C’est de mon point de vue une mauvaise interprétation de la loi, et ça instaure un très mauvais précédent en autorisant de temps en temps l’armée à s’impliquer dans la politique. Et l’autre décision qu’ils ont obtenue est une décision d’un tribunal qui dit qu’en fait Mnangagwa n’a pas été limogé du tout de la vice-présidence, est tout aussi étrange. C’est une tentative d’assainir, de légaliser après coup ce qui clairement n’est pas légal. »

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