Procès Weinstein: la procureure appelle les jurés à croire les accusatrices

La procureur Joan Illuzzi (ici le 22 janvier 2020) a appelé le jury à croire les témoignages des six femmes qui se sont exprimées lors du procès de Harvey Weinstein. Lucas Jackson/Reuters

AP- Fin des plaidoiries à New York, vendredi 14 février, dans le procès de Harvey Weinstein, poursuivi pour viol, agression sexuelle et pour avoir montré un comportement de prédateur sexuel. La procureure a adressé ses conclusions avant que les jurés ne se réunissent pour délibérer sur le sort de l’ancien magnat d’Hollywood dès mardi prochain.

Alors que l’avocate de Harvey Weinstein, Donna Rotunno, dans sa plaidoirie a tenté la veille de montrer que son client était la victime du mouvement #MeToo, la  procureure Joan Illuzzi a préféré vendredi 14 février remontrer les témoins sous un angle très humain.

La procureure a d’abord rappelé au jury que les six femmes qui avaient témoigné contre Harvey Weinstein lors du procès n’étaient pas venues de gaïeté de coeur, qu’elles avaient dû mettre de côté leur dignité et, surtout, qu’elles ne retireraient aucune compensation financière de ce procès. C’est pour tout cela qu’elles doivent être crues, selon Joan Illuzzi.

« Elles ont sacrifié leur dignité, leur intimité, leur quiétude dans l’espoir de faire entendre leur voix », a-t-elle martelé.

Même la candeur tourmentée de l’actrice Jessica Mann, dont le témoignage avait été quelque peu confus, ne rendrait son accusation de viol que plus crédible. La procureure a ensuite, de façon très rhétorique, démonté la méthode Weinstein, pour qui, a-t-elle dit, les femmes étaient interchangeables.

La procureure Joan Illuzzi lors de sa plaidoirie au procès du producteur Harvey Weinstein, à New York, le 14 février 2020.
La procureure Joan Illuzzi lors de sa plaidoirie au procès du producteur Harvey Weinstein, à New York, le 14 février 2020. Jane Rosenberg/Reuters

Joan Illuzzi a même osé retourner un argument de la défense en sa faveur : si, pour les avocats, la meilleure preuve que ces femmes n’avaient pas été agressées est qu’elles avaient gardé un contact avec le producteur, Joan Illuzzi pense que c’était une stratégie utilisée par Harvey Weinstein pour, justement, passer entre les gouttes en cas d’accusation.

Enfin, elle a révélé une note compromettante du producteur à son gourou de la communication à propos de l’affaire Annabella Sciorra, l’actrice qui a accusé Harvey Weinstein de viol à l’hiver 1993-1994. Dans cette note, Harvey Weinstein l’autorisait à choisir entre deux options : affirmer que sa relation avec l’actrice était consensuelle, ou la nier simplement. Sous-entendant qu’il cherchait à étouffer l’affaire, la procureure a conclu par un  : « Vous avez devant vous une confession. ». Les jurés se réunissent pour délibérer mardi 18 février.

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