Les attentes économiques des patrons libériens

 Dans une rue de Monforia, la capitale libérienne, le 29 décembre 2017. ©SEYLLOU/AFP

Dans une rue de Monforia, la capitale libérienne, le 29 décembre 2017. ©SEYLLOU/AFP

AP- Georges Weah, le nouveau président libérien a promis de rendre le pays autonome sur le plan agricole et de développer les infrastructures. L’économie libérienne est très dépendante des matières premières, le fer et le caoutchouc notamment. On a longtemps parlé de croissance sans développement pour le Libéria et les milieux d’Affaires souhaitent que le nouveau président mette l’accent sur les entreprises locales.

Au Libéria le fer, le bois et le caoutchouc assurent 80% des exportations et un quart du produit national brut. Une dépendance aux matières premières synonyme de fragilité, notamment lorsque le pays subit des chocs. Le Libéria ne s’est pas encore remis d’une double crise. Harold Aido, directeur exécutif de l’Institut pour la recherche et le développement à Monrovia.

« Le double effet de l’épidémie d’Ebola et de la chute des cours des matières premières comme le fer ou le caoutchouc dont dépend le Libéria, ce double effet est toujours d’actualité ! »

Dès lors, le président Georges Weah risque de devoir placer ses pas dans ceux d’Ellen Johnson Sirleaf. Depuis plusieurs années, les Libériens incitent les compagnies étrangères qui exploitent les matières premières à faire participer davantage les entreprises locales. Afin de développer un tissu de PME dans les services, les transports et même la transformation de ces matières premières. Une politique qui n’a pas encore porté ses fruits, selon Harold Aido.

« Malheureusement, cette politique n’a pas encore produit beaucoup de résultats. Les prétextes invoqués tournent autour du fait que les entrepreneurs locaux ne sont pas au niveau. Mais je pense que nous devons faire un effort pour permettre à ces entreprises d’accroître leurs capacités. Par exemple, si deux sociétés sont en compétition pour un projet de reconstruction… Et même si les entreprises locales et les ingénieurs locaux ne possèdent pas les mêmes moyens techniques et financiers que les sociétés étrangères, nous devrions pouvoir faire en sorte qu’ils puissent établir des partenariats avec ces sociétés étrangères »

Leelai Kpukuyou dirige la Liberian Business association qui regroupe l’essentiel des entreprises privées du pays. Pour elle, la politique de libérianisation des affaires doit être poursuive et doit s’accompagner d’incitations fiscales.

« Il faut revoir la fiscalité. Nous avons actuellement entre dix et quinze taxes et impôts différents sur les sociétés. Et il faut revoir ce système pour donner un peu plus d’oxygène aux entreprises. En Afrique, le Rwanda par exemple offre deux à trois années d’exemption d’impôts aux entreprises qui démarrent. Nous pensons que ce type de mesure doit être adopté au Libéria. »

Avec une croissance de 3% en 2017 et une dette publique qui explose, le Libéria est sur la corde raide. La marge de manœuvre de Georges Weah est limitée. Beaucoup dépendra de sa capacité à faire venir les capitaux nécessaires au développement des infrastructures et de l’énergie. L’une de ses priorités.

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